Une délégation des partis politiques haïtiens était au Rwanda où elle a rencontré les dirigeants du Forum National de Concertation des Formations Politiques (NFPO). Ce Forum est un outil essentiel dans la vie politique du pays. Par Haïti PressNetwork




Trois jeunes membres de partis politiques haïtiens ainsi que Mme Pascale Nadia Cantave du bureau d’IDEA en Haïti, Mme Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, Directrice du Programme Senior d’IDEA International en Haïti et M. Mathias Pierre, Coordonnateur du Comité de suivi pour le financement et l’institutionnalisation des partis politiques (COSIPP) se sont rendus au Rwanda pour participer à l’Université d’été des jeunes cadres de partis politiques qui s’est tenue du 4 au 9 juin 2018, a appris la Directrice d’IDEA à Haiti Press Network.
Au cours de cette visite, la délégation a rencontré les dirigeants du Forum national de concertation des formations politiques (NFPO). Le Forum est un outil essentiel dans la vie politique, créé par la Constitution de 2003 avec un statut autonome. Il regroupe les 11 partis reconnus dans le pays et est composé d’une assemblée de 44 personnes soit 4 par parti politique.
Le Porte-parole, nommé pour 6 mois avec rotation des partis et le secrétaire exécutif nommé pour 3 ans, poste administratif, dirigent l’organisation. Le forum reçoit et gère le financement public, une allocation annuelle de $25000 pour chaque parti, afin que ces derniers financent leurs activités de renforcement sur le terrain, formation et structuration. Il peut recevoir des financements d’autres organisations.
Enfin, le forum est le partenaire d’IDEA International pour les activités impliquant des partis politiques au Rwanda. Un mémorandum de cinq ans est signé à cet effet. La délégation a également entrepris une série de visites pour mieux comprendre l’organisation du pays mais surtout celle de la structure politique et de certaines institutions rwandaises. Ainsi, celle-ci a tour à tour discuté avec plusieurs responsables de partis dont la Secrétaire Générale du Parti Liberal (PL) et celui du Parti social-démocrate (PSD).
Ce parti est représenté au parlement et au gouvernement et est membre de la coalition. En effet, en vertu de la Constitution de 2003, révisée en 2015, le parti au pouvoir doit diriger avec ses adversaires selon une répartition de 50% pour le gagnant ou la gagnante et de 50% pour les autres partis. La coalition est ainsi constituée et a un représentant au parlement et un au niveau de l’exécutif. Ces partis n’ont pas eu de candidats à la présidence lors des dernières élections.
Par ailleurs, la mission s’est entretenue avec les dirigeants du Front patriotique rwandais (FPR), notamment le Commissaire chargé de la mobilisation politique, le Directeur général de l’Institut national de renforcement des capacités (RIM) et celui de la communication et des relations publiques au FPR.
Cette visite déroulée au local du parti au pouvoir a révélé la force politique et économique de celui-ci. Le parti possède un important espace ainsi qu’un centre de convention public pouvant également être loué pour des activités lucratives. Il faut noter que tous les partis politiques, outre le financement du forum, sont autorisés à posséder des entreprises génératrices de revenus moyennant qu’ils paient des taxes selon les mêmes lois qui régissent les entreprises privées.

De plus, les secrétaires généraux de sept autres partis politiques ont fait état de leurs réalités et modes de fonctionnement à la délégation. Il s’agit : du Parti démocratique idéal (PDI), du Parti du progrès et de la concorde (PPC), du Parti démocratique centriste (PDC), du Parti social rwandais, (PSR), de celui de la Solidarité et du progrès (PSP), du Parti social Imberakuri (PS Imberakuri) et du parti démocratique Green parti of Rwanda (DGPR). Toutes ces rencontres ont eu lieu au local du forum.
Le parti Union démocratique du peuple rwandais (UDPR) n’a pas pu rencontrer la délégation, son secrétaire général étant souffrant. Soulignons que deux partis politiques de l’opposition, membres du Forum, n’ont pas intégré la coalition. Il s’agit du PS Imberakuri dirigé par une femme ainsi que du parti vert, le DGPR, mentionnés plus haut.
Durant la transition de 1994 à 2003 au cours de laquelle il n’y avait pas de Constitution, la nation étant en faillite à cause du génocide, les Rwandais ont compris qu’il ne fallait pas oublier le génocide mais pardonner et construire le consensus pour aller de l’avant. La Constitution de 2003 est le reflet de cette reconstruction. Il convient de rappeler que le Rwanda est un pays presqu’identique à Haïti du point de vue de sa géographie avec une superficie de 26.338 km2, ses reliefs et ses montagnes.
Sa population compte 12 millions d’habitants. Sept millions de personnes sont en âge de voter et aux dernières élections, plus de 6 millions ont rempli leur devoir civique. Le cout de ces joutes électorales s’est élevé à 6 millions de dollars américains. 80% de la population vivent en zone rurale. Le pays a une langue nationale, le kinyarwanda et deux langues étrangères dont l’anglais et le français. Le PIB est de 8.9 milliards de dollars et celui par habitant, de 754 dollars.