Jamais un pays africain ne m’a autant fasciné. J’en ai déjà visité plus de quinze mais la fascination exercée sur moi par le Rwanda est énorme. Simplicité, ordre, discipline, sécurité, propreté et organisation mais aussi silence, ont été les choses qui ont retenu mon attention. Par Roger Mawulolo Lasmothey

 

 

Dans une série de billets, je vous ouvre mon cahier de voyage au pays des mille collines. Tout ce qui est vrai pour Kigali l’est généralement pour le reste du pays. Ce n’est pas comme certains pays où l’on ne prend pas soin que de la capitale.

Le pays

Je ne sais pas si les collines ont été comptées mais on a vraiment l’impression d’en voir mille ! L’ensemble du pays est en effet une succession de collines. Ce qui n’a, en rien, empêché le développement d’un réseau routier en bon état. Si vous avez une voiture, il vaut mieux avoir de très bons freins à main pour pouvoir vous garer sur les multiples pentes ! Normalement avec ce relief, les Rwandais devraient aussi être des champions de la course de fond, comme les Kényans et les Ethiopiens.

La capitale, Kigali, est un réseau de collines où se succèdent des immeubles cossus et des quartiers moins riches mais toujours propres, en un mot : la simplicité dans la propreté.
L’animal le plus respecté dans ce pays m’a semblé être le gorille. Je vous avoue que je me suis plusieurs fois demandé si l’on devait dire « pays des mille collines » ou « pays des mille gorilles »! J’y reviendrai dans un autre billet.

Les habitants
Vous pouvez aussi avoir l’impression de voir le Président Paul Kagamé partout. Ce n’est pas que ses effigies sont omniprésentes mais juste qu’il y a beaucoup d’hommes et de femmes qui lui ressemblent comme s’ils ‘étaient des jumeaux. Les Rwandais sont, en général, d’un calme et d’un silence troublants. Il faut du temps pour que vous vous familiarisiez vraiment avec eux. Je ne suis pas arrivé à évaluer si c’était un impact du drame du génocide vécu par ce pays. Ce sont des gens très sympathiques dans le fond. Ma visite au mémorial du génocide de Kigali a renforcé le grand respect que j’ai pour ce peuple. Prononcer même les termes Hutus et Tutsis m’était devenu difficile. Sachez donc juste que tout le monde parle le Kinyarwanda, qui est une langue officielle.
Ils semblent ne faire du bruit et donner de la voix que lorsqu’ils sont à un concert de gospel. Là, ils peuvent sauter de manière étonnante. ?
Pour la femme rwandaise, je vous promets un billet spécial. Et je vous assure, elles le méritent bien !

Une forte présence policière mais sans corruption
Les rues de Kigali et les routes interurbaines sont surveillées par un parfait cordon de policiers, de jour comme de nuit. Après chaque deux cents mètres, vous avez un policier debout avec ou sans arme. La seule fois où je les ai vus en action c’était sur la route Kigali-Rubavu. Un policier verbalisait un chauffeur qui avait dû trop appuyer sur sa pédale d’accélérateur, ce qui est assez rare pour être signalé. Les conducteurs Rwandais respectent souvent et scrupuleusement les limitations de vitesse. Les visites techniques de vérification de conformité des véhicules sont aussi gérées par la police. A l’aéroport de Kigali, les policiers sont courtois et polis mais néanmoins fermes. A l’entrée de l’aéroport, le contrôle est strict et un chien policier renifle vos bagages.
Le meilleur de toute cette forte présence est qu’il n’y a pas de corruption des policiers, cela fait que l’ordre et la discipline règnent.

Les feux tricolores fonctionnent et même les taxis-motos les respectent
En Afrique subsaharienne, il y a deux cas de figure : soit les feux tricolores existent soit ils n’existent pas. Et quand ils existent, ils ne fonctionnent pas toujours. A Kigali, non seulement les feux tricolores existent mais en plus ils fonctionnent. Ils sont munis de compteurs qui, du rouge au vert, vous indiquent la durée vous restant. Beaucoup de pays africains n’ont pas ce type d’équipement. Mieux encore, au Rwanda, les feux sont respectés par les taxis-motos. Pourtant, au Bénin et au Togo, ces derniers sont les champions du non-respect du code de la route. Au Rwanda, les taxi-motos portent toujours un casque, ainsi que leur passager. D’ailleurs les casques sont numérotées, ils portent même le numéro de téléphone mobile du conducteur, qui, lui-même a un numéro visible inscrit sur sa tenue réglementaire.

Propreté absolue et sans sacs en plastique
Les sachets en plastique sont strictement interdits au Rwanda. La règle est vraiment respectée et cela contribue à donner au pays une propreté sans égal. Que vous achetiez dans un marché populaire ou dans un supermarché, dans un centre artisanal ou dans un centre commercial ultra-moderne ou encore à la boutique du parc national de l’Akagéra, vos produits sont livrés dans des sacs en papier. Même les emballages de produits sont souvent en papier.
J’ai pu constater que même les routes poussiéreuses, car non goudronnées, sont propres.

Une conclusion simple : Kigali est propre et n’a pas besoin, comme beaucoup de capitales africaines, d’être maquillée et nettoyée pour l’accueil des grands évènements ou des hôtes de marque.

Murakozé** et à bientôt pour la suite de la promenade écrite à travers le Rwanda.

 

Je vous laisse ci-dessous de la page le clip « Ndagukunda » de l’artiste rwandais King James

* Ndagukunda : je t'aime en Kinyarwanda, la langue locale et officielle du Rwanda

** Murakozé : merci en Kinyarwanda