«Un monde plus sûr : notre affaire à tous», le Groupe proposa une approche nouvelle et ambitieuse de la sécurité collective pour le XXIe siècle, une approche conçue pour un monde aux prises avec des menaces nouvelles et changeantes qu’il était difficile d’entrevoir lorsque l’ONU fut créée en 1945. Par Amir Nour

Si l’on devait définir, en un seul mot, la situation internationale d’aujourd’hui, c’est sans doute le terme «chaotique» qui viendrait à l’esprit en premier lieu. Et si l’on devait accoler à cette évolution dramatique une date marquante depuis le début de ce siècle, ce serait tout aussi naturellement que l’on choisirait le «11 septembre 2001». En partant de ces postulats, nous tenterons dans les lignes qui suivent de démontrer le bien-fondé de la relation de cause à effet existant entre ces deux termes de l’équation géopolitique contemporaine.
De l’équilibre de la terreur au désordre généralisé
Dans le discours qu’il a prononcé devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies en septembre 2003, le secrétaire général de l’ONU de l’époque, M. Kofi Annan, avait averti les États membres que l’Organisation était à la croisée des chemins. L’ONU, avait-il affirmé, «pouvait relever le défi et faire face aux nouvelles menaces ou alors courir le risque d’être de plus en plus marginalisée face à la montée de la discorde entre les États et à l’avènement de l’unilatéralisme».
Souvenons-nous : nous étions alors en pleine guerre d’Irak ou «troisième guerre du Golfe», commencée officiellement le 20 mars 2003 par la coalition menée par les États-Unis. Cette guerre avait notoirement inauguré l’ère de la mise en œuvre du concept de «guerre préemptive» développé par l’administration américaine de G. W. Bush pour parer à la menace des armes de destruction massive dont cette dernière affirmait, à tort comme vient de le confirmer, s’il en était encore besoin, la Commission Chilcot (2), détenir la preuve dans un rapport présenté au Conseil de sécurité de l’ONU le 12 septembre 2002 par le secrétaire d’Etat Colin Powell.
C’est cette conjoncture historique particulière qui inspira à Kofi Annan l’idée de créer le «Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement» dans le but de susciter de nouvelles idées sur le type de politiques et d’institutions dont une ONU efficace aurait besoin au XXIe siècle. Dans son rapport (3) d’une centaine de pages, présenté par K. Annan en 2004, sous le titre «Un monde plus sûr : notre affaire à tous», le Groupe proposa une approche nouvelle et ambitieuse de la sécurité collective pour le XXIe siècle, une approche conçue pour un monde aux prises avec des menaces nouvelles et changeantes qu’il était difficile d’entrevoir lorsque l’ONU fut créée en 1945, comme par exemple le terrorisme nucléaire ou l’effondrement de l’Etat sous les effets conjugués de la pauvreté, des pandémies et de la guerre civile.
Pour les rédacteurs de ce rapport, le monde doit se préoccuper de six types de menaces, à savoir : la guerre entre États ; la violence à l’intérieur des États (guerres civiles, violations massives des droits de l’homme, génocide, etc.) ; la pauvreté, les maladies infectieuses et la dégradation de l’environnement ; les armes nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques ; le terrorisme ; la criminalité transnationale organisée .
Afin de faire face à ces menaces, nous nous devons, dit le rapport, «d’accorder la priorité à la prévention car laisser les menaces qui couvent se préciser ou permettre aux menaces existantes de se propager, c’est courir à la catastrophe. Le développement doit être la première ligne de défense d’un système de sécurité collective fondé sur la prévention». Il faudra par conséquent lutter contre la pauvreté et les pandémies; prévenir la guerre à l’intérieur des Etats et entre Etats prioritairement par le truchement de la diplomatie préventive et la médiation ; empêcher la prolifération et l’emploi des armes nucléaires au moyen surtout du respect par les États des engagements auxquels il ont souscrit en vertu de traités et d’accords internationaux, au premier chef desquels le Traité de non-prolifération ; adapter constamment la lutte contre le terrorisme aux moyens et formes changeants de celui-ci et intensifier la lutte contre la criminalité transnationale organisée dont se servent de plus en plus les terroristes de tous bords pour acquérir et transférer de l’argent et des armes et pour déplacer des hommes et du matériel dans le monde. Lorsque la prévention ne suffit pas, il faut parfois recourir à la force, précise le rapport, souscrivant ainsi au principe nouveau de l’obligation de protéger les populations civiles contre la violence, responsabilité qui incombe au premier chef aux autorités de chaque pays. Mais quand l’Etat en question faillit à cette obligation, «la communauté internationale a, quant à elle, le devoir d’intervenir, au besoin par la force, mais seulement en dernier recours». Dans ce cas de figure, la communauté internationale doit clairement s’engager à reconstruire les sociétés en ruine.
Le rapport insiste à ce sujet sur la nécessité d’augmenter les effectifs et renforcer les moyens des troupes de l’ONU déployées dans le monde, tant pour maintenir la paix que pour la rétablir et la consolider. Convaincu par ailleurs que les institutions actuelles de l’ONU doivent fonctionner de meilleure manière, le Groupe recommande de revitaliser l’Assemblée générale et le Conseil économique et social, de redonner sa crédibilité à la Commission des Droits de l’Homme (remplacée depuis 2006 par le Conseil des Droits de l’Homme) et d’améliorer la crédibilité et l’efficacité du Conseil de Sécurité en le rendant plus représentatif. Il est également recommandé la création de nouvelles institutions, comme par exemple une Commission de consolidation de la paix s’intéressant spécialement aux pays sortant d’un conflit. De même qu’il est recommandé de renforcer le rôle essentiel du secrétaire général de l’ONU dans le domaine de la paix et de la sécurité et d’améliorer la collaboration avec les organisations régionales. Il n’est pas dans l’ordre naturel des choses qu’un rapport de l’ONU, quand bien même il serait rédigé par des «personnalités de haut niveau» connues pour leur probité et leur intégrité morale et intellectuelle, de mettre en cause directement les grandes puissances. Il ne devrait donc étonner personne que ce rapport de 2004 ne fasse pas exception à une règle bien établie depuis longtemps déjà.
Il n’en demeure pas moins vrai que la responsabilité de ces grandes puissances – et de l’OTAN en particulier (4) et de certains Etats placés sous leur parapluie protecteur est souvent pleinement engagée par rapport à des conflits et des crises entrant précisément dans le cadre des six types de menaces qui, selon le rapport, fragilisent l’édifice de la paix et de la sécurité internationales. Les exemples à cet égard sont légion, notamment au Moyen-Orient et en Afrique, régions que le rapport semble désigner -sans les nommer explicitement et sans trop y croire apparemment- comme terrain de prédilection pour des «interventions humanitaires» de la part de la «communauté internationale». Qu’il s’agisse de conflits anciens (Palestine, Sahara occidental, Soudan, Somalie, etc.) ou récents (Irak, Syrie, Yémen, Pays de la région des Grands Lacs, Centrafrique, Libye, Pays du Sahel, Sud-Soudan, etc.) qui feraient sans doute long feu sans le déversement d’armements de tous genres dont le commerce mondial constitue un quasi-monopole des puissances occidentales (5). Ou qu’il s’agisse de l’application sélective des traités et accords internationaux relatifs aux armes de destruction massive et plus particulièrement du TNP, application qui n’intéresse le «cercle fermé» des Etats nucléaires officiels que dans son volet lié à la non-prolifération. Cette donnée a connu une manifestation évidente lors de la 9e RevCon. 6, tenue à New York en avril/mai 2015 et, plus récemment encore, à l’occasion du 4e Sommet sur la sécurité nucléaire 7, tenu à Washington en mars/avril 2016. Ou encore s’agissant de l’origine, de l’expansion et de la connexion entre le terrorisme international, la criminalité organisée sous ses diverses formes, la corruption, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent, comme en attestent de nombreux témoignages, révélations et rapports restés jusqu’à récemment frappés du sceau du secret ou de la confidentialité et dont les «Panama papers» sont un exemple révélateur.
Ayant précisé tout cela, il n’est pas question par ailleurs de tomber dans la trappe de la facilité consistant à attribuer toutes les misères du monde aux seuls «Occident» -hier «colonialiste» et aujourd’hui «néocolonialiste et impérialiste»-, aux «grandes puissances» et aux «multinationales prédatrices». Car, de la sorte l’on ne ferait que perpétuer les tentatives, irresponsables et vaines, d’occulter ou de minimiser la part de responsabilité dans les drames humains qui revient indiscutablement à certains gouvernements qui se complaisent depuis trop longtemps dans le rôle de victime expiatoire et à certaines élites qui ont prouvé qu’elles sont davantage préoccupées par leurs privilèges indus et coupables qu’elles engrangent de leur collusion avec les pouvoirs en place que par les devoirs qui les engagent, en théorie, vis-à-vis de leurs sociétés. Est-il encore raisonnable et convaincant, en effet, d’accabler exclusivement l’«étranger» par rapport à la persistance des véritables plaies, totalement anachroniques en ce XXIe siècle, que sont, entre autres, l’absence de démocratie; le peu d’égard accordé aux Droits de l’Homme civils, politiques, économiques et culturels; la mauvaise gouvernance; la marginalisation de la femme et des autres forces vives de la nation; et la corruption endémique ?

Amir Nour est chercheur algérien en relations internationales, auteur, notamment du livre L’Orient et l’Occident à l’heure d’un nouveau ‘Sykes-Picot’, paru en septembre 2014 et traduit en arabe en mai 2016. Les deux ouvrages ont été publiés aux éditions «Alem Afkar» – Alger

 

A press release from the African Union Commission seeks to clarify that the Kingdom of Morocco did not attend or address the 27th Assembly of Heads of State and Government that was held on 17-18 July 2016, in Kigali, Rwanda.

Si l’Afrique est une nuit sombre, le Rwanda est une belle étoile dans ce ciel pour nous montrer le chemin, aujourd’hui, tous les dirigeants africains devraient s’inspirer «des progrès formidables accomplis par le Rwanda en se relevant de l’une des pires tragédies que ce pays ait connues, le génocide de 1994..." Par Moussa Bolly

East African Community (EAC) member countries are meeting in Kigali for a validation workshop on the study by the Regional Centre on Small Arms (RECSA) on the status of armed crimes in Burundi, Kenya, Rwanda, Tanzania and Uganda. By Afrika54news

Le deuxième vice-président burundais Joseph Butore a annoncé samedi l'interdiction d'exporter des produits agricoles vers le Rwanda, un pays voisin accusé par Bujumbura d'entraîner des rebelles burundais, ont rapporté des médias locaux.

President Paul Kagame has come out strongly against social media talk in past few days in which some branded the reported development being experienced in Rwanda as “PR”(public relations).

A United States Army General flew in to Kigali today where he is consulting Rwanda on how to fix the ongoing conflict in South Sudan. Major General Kurt Sonntag, commander of Combined Joint Task Force-Horn of Africa (CJTF-HOA) (5th from left) in Rwanda for consultations. By Dias Nyesiga

En 2015, la note moyenne attribuée à la qualité des politiques et institutions des pays d’Afrique subsaharienne admissibles aux crédits de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale était de 3,2.