Le premier ministre, Alain-Guillaume Bunyoni, et le ministre de l’intérieur, Gervais Ndirakobuca, sont des tenants de la ligne dure du régime de feu Pierre Nkurunziza. Source AFP

 

 

 





Le premier gouvernement du nouveau président burundais, Evariste Nadyishimiye, élu le 20 mai, a été annoncé dimanche 28 juin au soir. Il s’agit d’une équipe resserrée à quinze membres et dominée par les tenants de la ligne dure du régime.

La nomination au poste de premier ministre, le 23 juin, du plus haut gradé de la police burundaise, Alain-Guillaume Bunyoni, avait donné le ton. M. Bunyoni était déjà considéré comme le véritable numéro deux du régime depuis la crise politique de 2015 et comme le chef de file des durs parmi le groupe de généraux issus de la rébellion qui contrôlent le pouvoir burundais.

Un autre faucon fait son entrée au gouvernement : le général Gervais Ndirakobuca, qui dirigeait jusqu’à présent le très redouté Service national de renseignement (SNR), accusé d’être au cœur du système répressif burundais. Il a été nommé ministre de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique. C’est pendant la guerre civile burundaise (300 000 morts entre 1993 et 2006) qu’il a acquis son surnom, Ndakugarika, littéralement « Je vais t’étendre raide mort » en kirundi. M. Ndirakobuca fait l’objet de sanctions des Etats-Unis, de l’Union européenne et des principaux pays européens depuis cinq ans.

Par ailleurs, l’ambassadeur Albert Shingiro, représentant permanent du Burundi auprès des Nations unies depuis cinq ans et considéré comme le principal « visage diplomatique » du pouvoir burundais, devient le nouveau ministre des affaires étrangères et de la coopération au développement.

La candidature en avril 2015 à un troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza, mort le 8 juin, avait plongé le pays dans une crise politique majeure qui a fait au moins 1 200 morts et poussé à l’exil quelque 400 000 Burundais. Le pays est depuis tenu d’une main de fer par le régime grâce au SNR et aux Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, qui sèment la terreur dans la population.

Attaque du Rwanda en provenance du Burundi

L'armée rwandaise a annoncé avoir repoussé une attaque d’hommes non identifiés qui sont venus du Burundi. L’incident a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi dans le district de Nyaruguru, près de la frontière burundaise, au lendemain des funérailles de Pierre Nkurunziza, et alors que l’élection d’Evariste Ndayishimiye nourrit des espoirs d’apaisement entre le Rwanda et le Burundi.

L’attaque a eu lieu samedi vers 2 heures du matin. Selon le communiqué des forces de défense rwandaises, une centaine d’hommes armés de mitrailleuses et de grenades ont pris d’assaut un poste défensif tenu par des militaires rwandais, qui ont riposté. Bilan : trois blessés côté rwandais, quatre morts et trois capturés du côté des assaillants.

L’armée rwandaise assure que les attaquants venaient du Burundi et qu’ils se seraient enfuis vers le poste militaire burundais de Gihisi en laissant derrière eux,  armes et munitions ainsi que des rations alimentaires estampillées Forces de défense nationale du Burundi.

Les hommes indicateurs précisent que les fuyards blessés ont été accueillis par des véhicules qui les attendaient et qui les a transportés à un lieu non identifié. Les autres auraient rejoint le camp militaire cité plus haut.

Cette attaque, n’est pas surprenante, vu le nombre des FDLR hébergés par le Burundi, et d’autres milices qui transitent dans ce pays. Ce qui est surprend et nous pousse à se poser de questions est de savoir :

Pour quoi le choix de la date d’attaque du Rwanda voisin, est au lendemain du serment du nouveau président, de l’enterrement du guide suprême et de la nomination du nouveau gouvernement, alors tous les observateurs espéraient le contraire  ;

Est-ce le signal du nouveau gouvernement pour montrer la couleur aux ennemis et autres voisins ?

Ou alors à l’intérieur de l’armée et des milices au Burundi, il y aurait des éléments incontrôlables et  qui échappent aux ordres du gouvernement ;

A moins que ce soit un acte de sabotage au nouveau gouvernement du président Ndayishimiye

Le temps nous le dira.