Aujourd’hui, un groupe de 340 rebelles est pris en charge dans le centre de démobilisation de Mutobo, au nord-ouest du pays. Ils y resteront trois à cinq mois avant de réintégrer la société rwandaise. Par Laure Broulard, RFI

 



Des réfugiés rwandais dans le camp de Nyamunyunyi, en RDC, décembre 2019. RFI/William Basimike

 

 

L’ONU s’était inquiétée des conditions de détention au Congo des rebelles rwandais du CNRD avant leur transfert vers le Rwanda. Aujourd’hui, un groupe de 340 rebelles est pris en charge dans le centre de démobilisation de Mutobo, au nord-ouest du pays. Ils y resteront trois à cinq mois avant de réintégrer la société rwandaise.

Assis en rang et en fonction de leur grade, les anciens combattants du CNRD [Conseil national pour la renaissance et la démocratie] entonnent une chanson de bienvenue à l’attention des journalistes. Le CNRD est un groupe armé dissident des FDLR, cette milice hutu hostile au gouvernement de Paul Kagame. En décembre, des centaines de combattants, mais aussi des civils, avaient été capturés par l’armée congolaise avant d’être remis aux autorités rwandaises.

David Mberabahizi, général de brigade au sein du CNRD, s’est rendu après avoir été pourchassé par l’armée congolaise dans le parc de Kahuzi Biega, dans le Sud-Kivu. « Il y avait le CNRD qui avait les armes, et il y avait la population environnante, raconte-t-il. Les FARDC [l'armée congolaise] ne savaient pas distinguer qui était CNRD et qui était rwandophone. Cela nous a pris une semaine pour traverser la forêt, et chaque jour, il y avait toujours des morts ».

Foi en l'avenir

Cet ancien rebelle est aujourd’hui aux mains du gouvernement qu’il a combattu pendant des années, comme les 340 autres démobilisés de Mutobo. Devant les autorités du centre, la plupart affichent cependant leur foi en l’avenir.

« Nous apprenons beaucoup de choses ici, explique Anastase Nshimiyimana, ancien membre du bureau des renseignements du CNRD. On suit des cours qui nous préparent à réintégrer la société rwandaise. Il y a même des formations techniques pour aider les démobilisés de Mutobo à trouver un travail ensuite. Donc, je pense que ce ne sera pas difficile pour nous de vivre au Rwanda ».

Ceux qui sont soupçonnés de crimes de génocide ou de crimes de guerre sont quant à eux transférés à la justice. Ainsi, deux démobilisés de Mutobo accusés de terrorisme ont été récemment remis au Bureau d’investigation rwandais.