Rwanda, le pays aux mille collines, est le plus petit pays d’Afrique de l’Est et le deuxième plus petit pays d’Afrique. Le Rwanda, intéressant pays en développement, possède quantité d’attraits naturels, culturels, historiques et humains. Par ComminutyForge

 





Il est réputé être le pays le plus propre d’Afrique de l’Est, toujours vert, avec des rues propres sans bouteilles ni sacs en plastique, sans ordures ni déchets qui trainent comme souvent dans un pays en développement. La propreté du Rwanda ne se retrouve dans aucun autre pays d’Afrique de l’Est. Ce résultat, c’est grâce à l’ « Umuganda ».

L’Umuganda qui peut se traduire par “rassemblement avec le but commun de parvenir à un résultat « a été lancé juste après l’indépendance en 1962, dans des circonstances particulières. Il était considéré comme une contribution individuelle à l’édification de la nation. On l’appelait souvent umubyizi, c’est-à-dire « jour réservé par les amis et la famille pour s’entraider ». C’est devenu un programme officiel du gouvernement  en 1974, organisé de façon régulière une fois par semaine, sous la supervision du ministère du développement régional.

L’Umuganda, également qualifié de travail communautaire visant à contribuer au développement  général du pays, a été réintroduit dans la vie rwandaise en 1998 dans le cadre des efforts de reconstruction du pays après le génocide des Tutsi de 1994. Il a lieu aujourd’hui le dernier samedi de chaque mois  à partir de 8 heures et pendant au moins 3 heures.

Au début, l’Umuganda n’a pas été bien accueilli par les Rwandais qui le considéraient comme du travail forcé mais ses réalisations significatives dans le contrôle de l’érosion et l’amélioration de l’infrastructure – particulièrement la construction d’écoles primaires, de bureaux pour l’administration régionale et locale et des centres médicaux – ont amené la population à l’apprécier et à y participer bénévolement. Le génocide de 1994 a perturbé ce programme mais il a été réintroduit  en 1998 dans le cadre de l’effort de reconstruction du Rwanda et dans le but de développer un sentiment commun d’identité nationale.

A ce jour, les Rwandais de même que les étrangers sont invités à participer aux activités. Les Rwandais âgés de 18 à 65 ans sont obligés d’y participer alors que c’est facultatif pour les plus de 65 ans. Même les expatriés vivant au Rwanda et les touristes sont aussi encouragés à prendre leur part de travail bénévole. Contrairement aux autochtones, les visiteurs et les expatriés n’encourent aucune sanction s’ils ne participent pas au travail bénévole.

De plus, ces jours-là, les affaires ralentissent, le transport public est limité et on voit partout des gens travailler. Le jour de l’Umuganda, on peut s’étonner car les rues sont vides de 7h à 11h et on voit très peu de véhicules, d’automobilistes ou de piétons se déplacer. Le travail réalisé diffère d’une région à l’autre. Dans les villes, les gens participent en nettoyant les rues, coupent l’herbe et taillent la broussaille le long des routes ou réparent les équipements publics. Dans les villages, on voit des gens qui réparent les routes, construisent des maisons pour les personnes vulnérables ou nettoient des puits. Ceux qui ont des compétences particulières offrent leurs services gratuitement ce jour-là. Les médecins, par exemple, peuvent offrir des examens médicaux gratuits.

L’activité est contrôlée par des comités sélectionnés qui sont responsables de l’organisation, de la supervision, de l’évaluation et du suivi du travail accompli afin de motiver les gens et stimuler leur moral. Actuellement, 80% des Rwandais prennent part au travail communautaire mensuel et des projets réussis ont été lancés tels que la construction d’écoles, de centres médicaux, de centrales hydro-électriques ainsi que la réhabilitation de zones humides et la création de parcelles agricoles à haut rendement. La contribution de l’Umuganda au développement du pays depuis 2007 a été estimée à plus de 60 millions de dollars américains.

D’autre part, en plus d’assumer ce travail d’intérêt général, l’Umuganda sert aussi de forum pour les dirigeants à chaque niveau de gouvernance (depuis le village jusqu’au niveau national) pour aviser les citoyens des nouvelles et des communiqués importants. Les membres de la communauté peuvent également discuter de tout problème auxquels leurs concitoyens ou eux-mêmes sont confrontés et proposer des solutions ensemble.

Néanmoins, malgré ses réussites spectaculaires, l’Umuganda doit relever le défi d’une planification insuffisante dans certaines régions qui a débouché sur des objectifs peu réalistes et des projets difficiles à réaliser sans financement supplémentaire.

Pire encore, la faible participation d’une partie de la population reste un défi majeur. Certaines personnes considèrent encore ce travail d’intérêt général comme une perte de temps et le voient comme du travail forcé, ce qui réduit donc le travail qui aurait pu être fait s’ils avaient tous participé de bon cœur.

Pourtant, les programmes de formation pour la population qui sont organisés par le ministère des collectivités locales contiennent  des cours sur le suivi et l’évaluation, les rapports sur les résultats, les lois, les décrets et les directives qui régissent l’Umuganda ainsi que les responsabilités du comité. Une campagne de sensibilisation a été effectuée sous forme de documentaires, d’émissions télé et radio, pour informer les Rwandais et inciter à la participation, surtout dans les zones urbaines.

En conclusion, l’Umuganda a été mis en place à l’échelon national en 2007 et a remarquablement favorisé le développement et l’harmonie au Rwanda, notamment grâce aux différents acteurs impliqués  tels que le comité de supervision de l’umuganda pour la programmation, l’organisation et la supervision des projets ainsi que les dirigeants locaux pour encourager la participation et la population pour s’approprier le projet.