Ce 10 janvier, Bamako a de nouveau été le théâtre d’un rassemblement contre la présence française. Par RI.

 

 





Les protestataires, plusieurs centaines, jugent la force Barkhane ainsi que la mission onusienne incapables de venir à bout de la menace terroriste.

Répondant à plusieurs appels émis sur les réseaux sociaux, des centaines de manifestants ont investi ce 10 janvier la place de l’Indépendance à Bamako, au Mali, pour protester contre la présence française, incarnée notamment par la force Barkhane. Ils étaient 900 selon la police, « plusieurs milliers » pour les organisateurs. « À bas la France », « France dégage », pouvait-on lire sur des affiches brandies par les manifestants. Certains d’entre eux ont par ailleurs fustigé la présence de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). D’autres ont en revanche appelé au renforcement de la coopération avec la Russie alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest reste à ce jour la cible de nombreuses attaques terroristes.

Attendu sur place, Kémi Seba, pourfendeur de la présence militaire française sur le continent, manquait à l’appel. Le militant panafricaniste a annoncé depuis l’aéroport de Cotonou, au Bénin, avoir été empêché par les autorités maliennes de gagner Bamako.

« La marche à Bamako pour demander à la france de partir. A quoi sert cette force au sahel si les villages et les camps sont detruits par des inconnus », dit Samake Molo dans ses Tweets.

Ces nouvelles manifestations contre la présence française – des rassemblements avaient eu lieu dans la capitale malienne en avril et novembre 2019 pour le même motif – interviennent alors que la France entend « reclarifier le cadre et les conditions politiques » de l’intervention française, en concertation avec les États de la région. Le 4 décembre, à l’issue du sommet de l’OTAN en Angleterre, Emmanuel Macron avait abordé la situation au Sahel.

Si le chef de l’État avait estimé que la France menait « un travail important » sur le plan de la lutte antiterroriste, et réussi en parallèle à intensifier sa coopération sécuritaire avec plusieurs pays de la région, il avait néanmoins appelé à « regarder la situation en face » et à « réévaluer les termes » de la présence militaire française. Il avait, dans ce sillage, appelé les dirigeants sahéliens à « assumer » publiquement le fait que l’armée française intervienne dans la région à leur demande, et non en raison de « visées néocoloniales ». Une allusion claire aux manifestations remettant en cause l’action de Paris dans la région.

En l’absence d’une nette amélioration du climat sécuritaire, Emmanuel Macron avait en outre appelé à la mise sur pied d’une nouvelle opération militaire amenée à remplacer Barkhane. Celle-ci devrait réunir les forces spéciales de huit pays européens afin de prêter main-forte à l’armée malienne. Mais pour l’heure, plusieurs interrogations demeurent sur son opérationnalité.