Pour l’Afrique « La renaissance rwandaise doit devenir modèle pour toute l’Afrique ». Par P. Donald ZAGORE, Sma



Père Donald Zagoré, de la Société des missions africaines (Sma), dans cette contribution présente le Rwanda comme un exemple de renaissance, 25 ans après la fin du génocide.

 

Pour le philosophe allemand Hegel, « la chouette de Minerve ne prends envol qu’a la tombée de la nuit », pour dire tout simplement que la raison latente dans l’histoire ne peut se comprendre qu’une fois l’histoire achevée. C’est pourquoi, 25 ans après la fin du génocide Rwandais, la fin d’une histoire tragique, les uns et les autres dans une étude rétrospective rationnelle peuvent aisément comprendre la raison latente au cœur de cette histoire absurde. Repli identitaire, haine fratricide et tribale, division politique, voici ce qui a nourrit l’histoire de la tragédie rwandaise.

Mais aujourd’hui, comme dans le célèbre livre VII de la République de Platon, le peuple rwandais est sorti des prisons, des ténèbres de sa caverne pour découvrir, avec un cœur certes meurtri, mais désormais libéré, averti, aguerri, et grandi, la lumière de la vérité et de la paix, source fondamentale de tout développement intégral et holistique. Une lumière dont en subsistance, le peuple rwandais ne voudrait plus jamais se dessaisir. C’est un peu la quintessence du message fort qu’a lancé le président Paul Kagamé lors de la cérémonie de la commémoration du 25e anniversaire du génocide en ces termes : «  En 1994, il n’y avait pas d’espoir seulement les ténèbres. Aujourd’hui la lumière irradie de cet endroit….cette histoire ne se répétera pas. C’est notre ferme engagement ».

Aujourd’hui le Rwanda a une vocation prophétique envers plusieurs pays d’Afrique comme eux, qui ont connus et continus de connaître la descente aux enfers et ont du mal à y ressortir véritablement à l’image du Sud-Soudan, de la Somalie, de la Centrafrique etc…. En effet, toujours dans la logique du livre VII de la République de Platon avec le mythe de la caverne, la vocation fondamentale du rescapé des ténèbres de la caverne ne se réalise pleinement et authentiquement que lorsqu’il est descendu parmi les siens pour participer à leur éducation, pour les éblouir de la lumière qu’il a découvert. En un mot, pour les sortir de leur obscurantisme notoire, afin qu’ils deviennent fondamentalement fils et filles de la lumière. Le Rwanda doit travailler vigoureusement à illuminer le continent africain de la lumière de son expérience, de la lumière de sa renaissance.

La renaissance rwandaise doit devenir modèle pour toute l’Afrique et plus spécialement pour ces pays africains ou le repli identitaire, ethnique, tribal et culturel, ou le langage de la haine, de la violence, de la guerre, ou les crises politiques, demeurent encore et toujours plus vives au détriment d’une volonté ferme de réconciliation, d’unité, de paix et de développement. L’Afrique, comme le Rwanda, peut naître et renaître de ses cendres, si et seulement si, elle reste capable de tirer les leçons nécessaires de son passé. L’Afrique, comme le Rwanda, doit pouvoir, sans crainte ni peur de son histoire, chercher dans son passé tragique des solutions adéquates, appropriées et stables pour le présent. Comme dit l’adage africain, « c’est sur la veille natte que l’on s’assoie pour tisser la nouvelle ».