Achille Mbembe invité en France par l'université Paris VIII à discuter du mot "race" et du Forum France Culture qui a lieu ce jour, consacré à l’Europe.


Achille Mbembe, historien et philosophe, spécialiste de l’histoire de l’Afrique et des politiques africaines, théoricien du postcolonialisme, enseigne l’histoire et les sciences politiques à l’université du Witwatersrand en Afrique du Sud et à Duke aux EU

 

Sur France Culture, Mbembe a livré quelques impressions personnelles sur la situation et l’actualité du moment.

A propos du génocide des Tutsis au Rwanda :

« La France était là, présente au moment du dernier génocide du XXème siècle. Elle doit au monde des explications. La France doit réinterroger sa présence en Afrique. Il nous faut questionner les raisons de sa présence et ses objectifs pour qu’elle ne soit pas impliquée dans des paroxysmes sanglants. »

A propos de l’Algérie et du Soudan :

« La question est de savoir si les peuples qui se soulèvent iront jusqu'au bout. Il y a un sentiment panafricain. Or, nous avons besoin de transformations radicales des sociétés africaines. »

Sur l'Europe :

« C'est une idée dans son versant le plus prometteur. Je voudrais penser l'Europe comme une idée, une promesse d'avènement à un monde qui devient de plus en petit et qu'il faut partager pour le bien de la race humaine en général. »

Autour du débat de la pièce Les Suppliantes

« Ce n'est pas un débat, il faut poser les bonnes questions. Qu'est-ce qui est en jeu dans la question de la représentation ? Qui est la voix de qui ? Comment se fait-il que nous nous retrouvions dans une société où l'empathie n’existe lus. Il faut revenir aux bonnes questions et sortir du régime de l'anathème. »