Le président Museveni feint souvent d'ignorer son soutien au Congrès national du Rwanda (RNC) et tente de donner l'impression qu'il est induit en erreur par ses agents de sécurité. Par James Ndizeye, traduction libre de l'anglais 


Charlotte Mukankusi cheftaine de la diplomatie de RNC a été reçue par le président Museveni le 1er mars 2019


Les preuves qui continuent de s'accumuler montrent toutefois sans l'ombre d'un doute que le président Museveni est en réalité le moteur de l'organisation terroriste qui cherche à déstabiliser le Rwanda en utilisant le soutien de l'Ouganda. Le 1er mars 2019, la chef de la diplomatie du RNC, Mme Charlotte Mukankusi, était à Kampala où elle a rencontré le président Yoweri Museveni.

Mme Mukankusi était la députée de Kayumba Nyamwasa, alors que le chef du RNC était le plus haut diplomate du Rwanda en Inde. C’est un autre élément de preuve, parmi bien d’autres, qui prouve que le gouvernement de Museveni facilite les déplacements de personnes et de groupes déterminés à déstabiliser son voisin du sud.
Mais ce n’est pas seulement son gouvernement; Museveni est personnellement impliqué: il a eu deux entretiens en face à face avec Mukankusi - qui était en Ouganda pendant presque toute une semaine du 1 au 6 mars, après quoi elle est partie.

Le but de la réunion était de renforcer l’engagement mutuel en faveur d’une cause commune, malgré des temps difficiles. Une source crédible a révélé que le responsable du RNC avait souligné à Museveni son importance pour la cause en général et avait demandé un soutien spécifique, notamment en s'appuyant sur les relations diplomatiques de l'Ouganda aux Nations Unies à New York pour discréditer et annuler le rapport d'experts de l'ONU, publié le 31 décembre 2018, confirmant les liens entre le gouvernement Museveni et le RNC, notamment en facilitant le recrutement de recrues originaires de différentes régions de l'Ouganda pour une formation dans le centre RNC de Minembwe, en RDC.

Museveni a promis de faire de son mieux: "Nous sommes ensemble", a-t-il répondu rassurant, confirmant que le RNC ne dirige pas seulement les relations de l'Ouganda avec le Rwanda, mais qu'il est également capable de tirer parti des engagements diplomatiques de l'Ouganda pour défendre les intérêts de son pays (RNC).

Selon un proche confident, Mukankusi était au top de sa forme. Sa présentation aurait impressionné Museveni, en particulier sur les structures, les plans et les forces émergents des RNC, dans le Sud-Kivu, en RDC, ce qui a rendu M. Museveni très heureux et lui a promis de continuer à apporter son soutien, selon la source. Museveni, à son tour, l’encouragea à "poursuivre le recrutement", soulignant toutefois qu’il importait de creuser un fossé au sein de la Force de défense du Rwanda (FDR).

La source a indiqué que Museveni avait indiqué que ses propres efforts pour diviser les Forces Armées Rwandaises, au début des années 2000, avaient réussi à faire fuir le major Alphonse Furuma et de nombreux autres, notamment Patrick Karegeya et Kayumba Nyamwasa.

Museveni ne vantait pas seulement ses exploits, mais aussi il a promis que plus de soutien viendrait au moment où les rebelles commenceraient des opérations contre le gouvernement du Rwanda, visant les infrastructures du gouvernement et de l’armée ainsi que de la sécurité rwandaises. Ces paroles ravirent et renforcèrent le moral des dissidents de RNC. En effet, seuls ceux qui ne savent pas comment Museveni a commencé sa rébellion qui l’a amené au pouvoir prendraient cette offre à la légère.

En promulgant ces conseils à RNC, Museveni n’a pas tenu compte un moment qu’il est en train d’élargir le fossé qui le séparait de son homologue du Rwanda. Quoi qu'il en soit, il semble qu’il soit confronté à plusieurs choix. Tout d’abord, il peut continuer à ignorer la réalité en traitant les informations qui lui sont fournies par une organisation terroriste peu crédibles, tout en écartant carrément la vérité émanant des autorités de Kigali. Les rebelles lui disent ce qu'ils savent qu'il veut entendre précisément parce qu'ils comprennent qu'il a besoin de quelque chose pour justifier leur projet commun de déstabilisation du Rwanda.

Par exemple, ils savent que Museveni a besoin de boucs émissaires pour détourner le blâme lorsqu'il demande à sa sécurité de neutraliser ceux qu'il perçoit comme ses adversaires. Ainsi, lorsque le RNC lui dit que le Rwanda est en train de commettre le meurtre, il participe volontiers à un mensonge qu'il sait pertinemment ne pas être vrai, comme ce fut le cas lors de l'arrestation de René Rutagungira, qui mourait dans les centres de détention du CMI un homme innocent sans aucun cas judiciaire.
RNC a également indiqué à Museveni qu’il comptait de nombreux soldats, ce qui l’engageait dans toutes sortes d’opérations telles que les possibilités de détruire les infrastructures au Rwanda.

De plus, cela conduit Museveni de conclure des alliances avec des tueurs impénitents tels que les FDLR, dont le mot d’odre est d’achever le géncide qu’ils ont commencé  - " une affaire inachevée".

 Deuxièmement, Museveni peut continuer à agir sur ces fausses informations en victimisant des Rwandais innocents en Ouganda - dont la plupart sont en réalité repérés par les agents mêmes des RNC avec lesquels il a établi un esprit de camaraderie. Mais les choix ont aussi des conséquences. En effet, une réalité incontournable pour tout le monde - y compris Charlotte Mukankusi - est que ceux qui trahissent leur pays en créant des groupes terroristes armés pour perturber la vie de personnes innocentes finissent souvent par payer lourdement pour cette décision, précisément parce qu'aucun pays au monde ne peut tolérer de telles provocations.

Museveni a également un troisième choix. Il pourrait considérer la vér0ité émanant des autorités de Kigali, dont le seul souhait est de rétablir les relations amicales. C'est dans l'intérêt de la stabilité mutuelle. Ce choix exige que le gouvernement de Museveni travaille avec ses homologues de Kigali, qui, heureusement, a indiqué à plusieurs reprises son désir de relations pacifiques entre les deux pays. Le rôle que joue le président Museveni pour déstabiliser la région est de plus en plus reconnu par les Ougandais, les Est-Africains et les peuples du monde entier. Il a engagé son pays à être une base pour les opérations du RNC contre son voisin du sud, le Rwanda.

Pour Mukankusi, elle peut affirmer avec confiance que sa visite à Museveni à Kampala était une mission accomplie. En effet, Museveni et la diplomate de RNC n’ont-ils conclu leur rencontre par ce mot à la mode : « on est ensemble ! ».