Le président de la Commission paix et sécurité de l'Union africaine est au Burundi depuis lundi, quelques jours à peine après l'échec de la facilitation de Mkapa dans le dialogue inter-burundais de sortie de crise qui durait depuis trois ans. Par RFI 


Smaïl Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine © ONESPHORE NIBIGIRA / AFP

 

Smaïl Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine , ne s'en était pas caché il y a un mois lors d'une interview à RFI. Il avait alors annoncé que l'Union africaine était suspendue à l'issue du dernier round du dialogue inter-burundais qui devait être organisé par l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, le facilitateur dans la crise burundaise, fin octobre. L'échec des discussions d'Arusha, dans le nord de la Tanzanie, il y a une dizaine de jours, lui laisse désormais les mains libres pour tenter de revenir dans le jeu.

Smaïl Chergui n'a pas chômé depuis son arrivée à Bujumbura il y a trois jours. Il a déjà rencontré plusieurs hauts responsables burundais, notamment le chef de la diplomatie, les ministres de la Défense, de l'Intérieur ou encore le premier vice-président Gaston Sindimwo.

Signe de la sensibilité des sujets abordés, les médias officiels ou privés ne parlent pas de cette visite, la première d'un haut responsable de l'Union africaine depuis longtemps.

Selon des sources diplomatiques africaines, la donne a totalement changé au Burundi depuis la décision du président Pierre Nkurunziza de ne pas se représenter en 2020. L'objectif de Chergui est donc de « proposer » au régime burundais un accompagnement de l'UA dans l'organisation d'élections « crédibles » à cette date, conformément à une résolution du dernier sommet des chefs d'Etat africains tenu à Nouakchott en Mauritanie.

L'Union africaine s'est engagée de son côté à obtenir de l'Union européenne la levée de sanctions contre le Burundi, qui font « beaucoup de mal » à une économie au plus bas.

Mais ça ne sera pas facile, car Bujumbura n'a voulu rien entendre sur ce sujet jusqu'ici et à moins d'un changement de dernière minute, le commissaire paix et sécurité de l'Union africaine n'a pas pu décrocher une rencontre avec Pierre Nkurunziza, qui ne reçoit pratiquement plus ceux qui invoquent une crise au Burundi.

Officiellement, le chef de l'Etat qui passe désormais le plus clair de son temps dans sa résidence de Buye, son village natal dans le nord du pays, « a un carnet chargé ». Il a accueilli durant toute la journée de mardi par exemple une dizaine d'ambassadeurs venus lui présenter leurs lettres de créance.