Alors que la venue du Sommet des Chefs d’Etat de Comesa est transférée à Lusaka, le Président Nkurunziza est en train de l’organiser à Bujumbura.



Le sommet de chefs d’Etat de Comesa était prévu l’année passée à Bujumbura. C’était une aubaine pour Bujumbura, il apportait un peu de crédibilité au régime de Nkurunziza qui en manque cruellement et il aurait pu renflouer les caisses du pays qui ont un problème des recettes.
Mais pour tenir un tel sommet, il faut un minimum de sécurité, des compétences humaines et des moyens organisationnels pour la bonne marche du sommet. Tous ces critères sont difficiles à rassembler chez Nkurunziza. L’année passée, le Secrétariat de Comesa, s’est senti obligé de retirer l’organisation du Sommet de Bujumbura car les conditions n’étaient pas réunies.
Bujumbura a réussi à persuader le Secrétariat de Comesa qui a fini par accepter de revenir sur le choix de Bujumbura et la nouvelle date du sommet était prévu au prochain mois de juin.
Malheureusement dans le Burundi de Nkurunziza, la situation n’a pas évoluée ni sur le plan organisationnel, ni sur le plan sécuritaire, surtout après un referendum contesté.
C’est ainsi que les organisateurs de ce sommet de Chefs d’Etat, se heurtent de nouveau aux mêmes problèmes de sécurité et de compétences organisationnelles. Et le referendum qui s’achève, au lieu d’être la voie d’apaisement, il n’a fait qu’exacerber les esprits et augmenter les divisions entre les Barundi. Dans une telle situation, Il n’y a que deux pays de Comesa qui avaient manifesté l’intention de venir à Bujumbura. Certainement par erreur, car les autres 16 membres se sont abstenus.
Le Secrétaire général de Comesa, au lieu de reporter la réunion encore une fois, il était de son devoir, certainement après consultation avec les chefs d’Etat des pays membres de l’organisation, de décider de tenir le Sommet, plusieurs fois reporté, au siège de Comesa à Lusaka en Zambie.
Mais le Président Nkurunziza, l’homme de Dieu, croit toujours au miracle. Il ne veut pas laisser passer la chance de se repositionner au moins au niveau de la sous-région. Ainsi son administration a contre-attaqué en accusant le Secrétariat de Comesa de « manque de respect à la souveraineté » du pays. Et le Ministre des affaires étrangères a écrit à ses collègues de Comesa, en déclarant illégal la décision du Secrétaire de Comesa.
Et pour mieux faire, Bujumbura s’est remis à faire les préparatifs en vue de la tenue du sommet des chefs d'Etat. Selon le président du comité d'organisation, les inscriptions en ligne des délégués continuent d'affluer, des centaines de véhicules censés transporter le moment venu les délégués sont en train d'être réquisitionnés, des pancartes ont été installées dans toute la ville et les rues pavoisées aux couleurs des Etats membres.
Comme Mobutu, qui après s’être déclaré le « Guide éclairé » (éclairé par une autre force supérieure), il est devenu le « Guide clairvoyant » (il avait acquis le pouvoir de s’éclairer tout seul). Il est temps aussi que le président Nkurunziza passe au stade supérieur pour devenir le « Guide Clairvoyant ».