La position du président Magufuli et celle du président Museveni non seulement a d'abord était une surprise pour beaucoup d'observateurs, mais aussi elle a suscitée une forte indignation.


"Le président ougandais Yoweri Museveni, lui qui a combattu l'ancien dictateur ougandais Idi Amin Dada, devrait savoir c'est que c'est que vivre dans un pays où il y a la terreur qui régit tout," a réagit l'intellectuel burundais David Gakunzi, au micro de la DW. L'écrivain rappelle par ailleurs que la Tanzanie a été dirigée par un grand humaniste africain, Julius Nyerere, un homme impliqué dans la conclusion des accords de paix d'Arusha.

"Aujourd'hui, voir ce pays dire que les victimes burundaises n'ont pas droit à la justice, Nyerere doit se retourner dans sa tombe ! Il faut refuser cette posture qui consiste à dire que les victimes africaines n'ont pas droit à la justice au nom de l'africanité."

Fatou Bensouda Chefanklägerin am ICC (ICC)
La CPI reste "compétente à l'égard de crimes qui auraient été commis pendant que le Burundi était un Etat partie au Statut de Rome", a déclaré Fatou Bensouda, procureure de la CPI

Réaction similaire du sociologue guinéen Bano Barry. Selon lui, cette posture n'est que le prolongement de l'appel au boycott de la CPI dans ces pays. "Ces deux pays ont toujours protégé le président Pierre Nkurunziza," affirme-t-il.

"Ils ont piloté pratiquement toute la période de facilitation sous-régionale pour en réalité permettre à Nkurunziza de continuer à exercer le pouvoir. S'ils avaient changé quoi que ce soit, on ne serait pas dans la situation actuelle au Burundi.

Le président ougandais est le facilitateur des négociations entre les parties burundaises. Mais aussi le président en exercice de l'EAC qui regroupe la Tanzanie, l'Ouganda, le Kenya, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud.

Ce comportement de ces deux chefs d’État rappelle étrangement celui des chefs d'Etat aux Sommets de la défunte Organisation de l'Union Africaine qui a son temps, tapaient sur l'Afrique du Sud a cause de son apartheid. Mais au même moment une autre ségrégation se pratiquait au Rwanda par leur collègue, président du Rwanda, Kayibanda d'abord, Habyarimana ensuite.

Et actuellement l'esclavagisme de l'homme noir est encore encours sous différentes formes en Afrique et nos chefs d'Etat ainsi que la Commission de l'Union Africaine sont tres bien informés sur cette abominable situation.