L’ex-dictateur tchadien a été reconduit dimanche soir vers 18 heures heure locale à la maison d’arrêt du Cap Manuel où il purge une peine à perpétuité notamment pour crime contre l’humanité. Par Manon Laplace

 

 

 

 

Le 6 avril il a été autorisé, par mesure sanitaire face au Covid-19, à sortir de prison pour une durée de 60 jours. Un temps qu’il a passé sous surveillance pénitentiaire entre les domiciles de ses deux épouses à Dakar. Une autorisation arrivée à expiration ce samedi 6 juin.

L’information a été confirmée samedi soir par le garde des Sceaux sénégalais. Sur les ondes d’une radio locale, Malick Sall a annoncé que le dossier Hissène Habré était en instruction devant le juge d’exécution des peines et que l’ex-dictateur tchadien devrait retourner en prison ce dimanche 7 juin.

Ni ses avocats, ni son entourage n’ont souhaité répondre à nos sollicitations, mais un communiqué publié ce dimanche par l’épouse d’Hissène Habré, Fatime Raymonne Habré, dénonce, « des risques plus graves encore pour sa santé qu’au début de la permission », à l’heure où le Sénégal compte plus de 4 000 cas de Covid-19.

Selon le communiqué toujours, le juge aurait refusé leur demande de renouvellement de la permission, estimant qu’Hissène Habré devait réintégrer la prison et attendre un mois avant de formuler une autre demande.

De son côté, Reed Brody, avocat pour l’ONG Human Rights Watch (HRW) et défenseur des victimes d’Hissène Habré assure que selon les informations dont il dispose, les conditions d’incarcération d’Hissène Habré ne posent pas de problème sanitaire, ce dernier étant incarcéré seul dans un pavillon spécial de la prison.