Calixte Nsabimana, alias Sankara, a plaidé coupable de toutes les accusations portées à son encontre, et a admis travailler pour le compte des gouvernements étrangers contre Kigali




Calixte Nsabimana, alias Sankara, soupçonné d'avoir lancé des attaques meurtrières dans le sud-ouest du Rwanda a plaidé coupable jeudi de toutes les accusations portées à son encontre, dont celle de terrorisme, et il a admis travailler avec et pour Kampala et Bujumbura contre le Rwanda.

Nsabimana, un rebelle bien vocal, était le porte-parole du Front de Libération Nationale (FLN), une organisation rebelle dont Paul Rusesabagina est le chairman et Nsabimana son adjoint. Le FLN est la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en 2018 par Paul Rusesabagina

Calixte Nsabimana est accusé de «formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes, prise d'otages, meurtre et pillage». Le FLN est un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité des attaques dans la région de Nyungwe, frontalière avec le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).

Ce même FLN est affilié aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC assez proche de la frontière rwandaise avec ce pays. Ils ont aussi des bases au Burundi où leurs hauts cadres occupent des postes de responsabilité à tout le niveau dans le pays aussi bien dans l’administration et dans les services de sécurité  tels que l’armée et les milices politiques, Imbonerakure. Leurs contingents se retrouvent dans l’armée et au sein des milices.

Nsabimana a plaidé coupable des 16 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre et terrorisme, et s'est excusé sans réserve pour ses crimes. «Je m'excuse pour tout ce que j'ai fait», a-t-il déclaré devant le tribunal.

«Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout ce qu'ils font à partir de maintenant est leur problème et non le mien. Je voudrais présenter mes excuses au président Paul Kagame, à ceux que nous avons blessés et aux familles de ceux qui sont morts. Je m'excuse auprès de tous les Rwandais», a-t-il ajouté.

Nsabimana a également admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et avec l'armée ougandaise.

«Nous leur avons demandé leur soutien militaire et diplomatique contre le Rwanda et ils étaient prêts à nous aider», a-t-il soutenu.

Les aveux de Nsabimana confirment l’objet d’accusations du gouvernement contre ses voisins du Nord et du Sud, qui sont à la base de détérioration des relations entre le Rwanda et le Burundi, et le Rwanda et L’Ouganda.

Son avocat a requis sa mise en liberté sous caution. Cette demande, à laquelle le parquet s'est opposé, estimant que Callixte Nsabimana risquait de s'enfuir du pays, sera examinée le 28 mai.