Maître  Richard Gisagara a adressé une mise en demeure au quotidien Le Monde à cause de son dessin négationniste et qui banalise le génocide des Tutsi.




Au nom de la Communauté rwandaise de France, Me Richard Gisagara a adressé une mise en demeure au quotidien Le Monde, rappelant que la loi punit désormais la négation, la banalisation et la minoration du génocide des Tutsi.

« La CRF vous adresse la présente mise en demeure à la suite du dessin signé SERGUEÏ, publié à la page 30 de votre journal Le Monde daté de ce jour, vendredi 12 avril 2019.

« Il ne vous a pas échappé que depuis le 7 avril dernier, le monde entier commémore pour la 25e fois le génocide commis contre les tutsi au Rwanda.

« Vous êtes également sans ignorer que ce génocide qui a fait plus d’un million de victimes est une réalité historique et une vérité judiciaire dont la négation, la banalisation et la minoration sont punies, en France, par l’article 24 bis de la loi sur la liberté de la presse, d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

« Le dessin dont s’agit, intitulé « RWANDA », publié expressément en cette période, qui reprend les clichés et préjugés coloniaux, réduit ce génocide à un massacre où des sauvages se seraient entretués avant de penser à se réconcilier. Il s’agit d’une banalisation caractérisée qui viole les dispositions légales ci-dessus visées.

« Ce fait constitue une atteinte intolérable à la mémoire de plus d’un million d’enfants, de vieillards, de femmes et d’hommes, victimes de ce génocide du seul fait d’être nés tutsi et qui n’ont, en aucune façon, pris part à la barbarie dont ils ont été victimes, comme le dessin publié le laisse penser.

 « […] L’association CRF a pris acte de la réaction en rapport avec ces faits publiée sur son compte Twitter par Jérôme FENOGLIO, directeur de votre journal. Toutefois, elle tient à faire observer d’une part qu'il y a eu une violation de la loi qui appelle sanction et, d'autre part, que le public touché par les faits litigieux n'a pas forcément été touché par le tweet dont il est question.

« En conséquence, l’association CRF vous met en demeure de limiter le préjudice causé en publiant dans votre prochain numéro, avec au minimum la même visibilité que celle donnée au dessin contesté, des excuses officielles de votre journal envers ceux qui ont été heurtés par ces faits ainsi qu'un texte corrigeant le message véhiculé par le dessin contesté, rappelant notamment que ce qui s'est passé au Rwanda en 1994 est un génocide commis contre les Tutsi, qui a fait plus d'un million de victimes et non une guerre civile ou tribale où des africains se seraient entretués.

« Veuillez noter en tout état de cause que l’Association CRF se réserve le droit d'agir comme il conviendra pour solliciter l’application de la loi. (…) »