Malgré les différentes actions menées sur le terrain par les ONG et autres organismes, les albinos sont toujours victimes de rituels et sacrifices. Par bamada.net

Malgré les différentes actions menées sur le terrain par les ONG et autres organismes, les albinos sont toujours victimes de rituels et sacrifices. Par bamada.net



Le célèbre chanteur Salif Keïta est revenu amplement sur son combat contre les violences faites aux albinos lors de ses deux concerts à Paris. «  L’homme blanc de peau et noir de sang » comme il se qualifie, est revenu sur les exactions contre les albinos dans certains pays d’Afrique, notamment dans certaines régions du Mali.

« A chaque élection, pour des questions de superstition, les sacrifices humains reprennent : les albinos sont arrachés à leur maman et assassinés. En novembre, j’ai chanté à Fana, une grosse ville du Mali, à la mémoire d’une petite fille de 5 ans enlevée chez elle, dans son lit, juste avant la présidentielle. On l’a retrouvée décapitée, la tête posée à côté de son corps », a déclaré l’artiste malien.

Les sacrifices seraient commandités par les gens riches et les hommes politiques, les premiers à avoir recours aux sacrifices. Une situation face à laquelle le gouvernement ne fait pas grand-chose, déplore le chanteur. Toutefois, Salif Keïta entend poursuivre sa mission à travers sa fondation. Une mission qui a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants albinos au Mali et en Guinée.

Au Burundi, la chasse aux albinos se poursuit. Une jeune albinos de quinze ans avait  été tuée par un groupe armé à Bujumbura, la capitale. C’était  le 18e assassinat en moins de quatre ans.  Ses assassins s’étaient  rendus au domicile de ses parents où ils avaient  contraint sa mère à les conduire chez un des jeunes frères  où celle-ci avait trouvé refuge. Les tueurs munis d’un fusil, de machettes et de lances avaient  alors enlevé la petite fille, puis l’avaient  égorgée, et décapitée. Ils avaient  emporté avec eux ses membres découpés.

Une fillette albinos de six ans avait déjà été tuée d’une balle dans la tête avant d’être décapitée, mutilée des bras et des jambes par des trafiquants présumés d’organes humains, à Ruyigi, une province de l’Est du Burundi. Peu avant ce meurtre, une enquête du Parlement révélait que certains membres et organes des albinos étaient écoulés sur le marché sous régional de la sorcellerie, comme en Tanzanie voisine, moyennant d’importantes sommes d’argent. Les membres du gouvernement qui bénéficient de ces rituels, sont complices et commanditaires de ces sacrifices. Tous les assassins d’albinos condamnés et regroupés dans la prison de Ruyigi s’étaient  évadés en 2011.

Annie Mokto, originaire du Cameroun, présidente de l’association Ecran total qui lutte contre le massacre des albinos en Afrique, se dit choquée que de telles barbaries aient encore lieu en Afrique. Le Burundi et le Mali  ne sont  pas les seuls pays africains où les albinos vivent un véritable calvaire. Ils sont régulièrement victimes de massacres dans les autres pays du continent, tels que le Cameroun, la Tanzanie, la République démocratique du Congo (RDC). Ils sont le plus souvent recherchés pour leurs soi-disant pouvoirs bénéfiques ou maléfiques pour des gens qui veulent accéder au pouvoir