Le juge Theodor Meron a quitté officiellement, ce 18 janvier, la présidence du Mécanisme international qui a succédé aux tribunaux de l’ONU sur le Rwanda et l’ex-Yougoslavie. 



Le juge Meron laisse derrière lui une odeur de souffre, après avoir favorisé l’acquittement ou prononcé la libération anticipée de plusieurs génocidaires rwandais.

C’est une passation de pouvoir dont chacun se réjouit à Kigali. Le juge américain Theodor Meron, 88 ans, a abandonné, ce 18 janvier, son fauteuil de président du Mécanisme international qui exerce les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux de l’ONU pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie (MTPI). 

Depuis plusieurs années, les autorités rwandaises s’insurgeaient contre le renouvellement du mandat de ce magistrat chevronné, rôdé aux arcanes du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et de son pendant chargé de juger les crimes commis dans l’ex-Yougoslavie, le TPIY, où il a travaillé comme juge à la chambre d’appel au début des années 2000.

Nommé en mars 2012 à la tête du Mécanisme qui a pris le relais des deux tribunaux internationaux, puis renouvelé à deux reprises, en 2016 et 2018, malgré des critiques au sein de la juridiction comme du côté du gouvernement rwandais, le juge Meron est à l’origine de la réduction des peines, en appel, de plusieurs génocidaires emblématique, dont le colonel Théoneste Bagosora, considéré comme « le cerveau » du génocide. Il aura surtout fait bénéficier de la libération anticipée plusieurs génocidaires rwandais condamnés par le TPIR. Des décisions qui lui ont valu de se retrouver au cœur de plusieurs polémiques.

En 2013, en effet, l’ancien juge danois Frederik Harhoff avait accusé dans un courrier le juge Meron d’avoir fait directement pression pour arracher des acquittements lors de sa présidence du TPIY.