Depuis 1997, Laurent Bucyibaruta vit en France. Il a été placé sous un contrôle judiciaire, accusé de complicité d’actes de génocide et crimes contre l’humanité.



Lundi 24 décembre, le juge d’instruction parisien Alexandre Baillon a ordonné le renvoi devant les assises de Paris de l’ancien préfet rwandais Laurent Bucyibaruta, qui vit en France depuis plus de vingt ans sous le statut de réfugié.

Selon le magistrat du pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal de la capitale, l’accusé, qui était en poste dans la province de Gikongoro à l’époque, s’est « rendu complice d’une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires » pendant le génocide rwandais en 1994.

Au cours de la période d’avril à juillet 1994, plus d'un million de Tutsi ont été tués au Rwanda dans des conditions atroces.

Ghislain Mabonga Monga, l’avocat de l’ancien préfet rwandais, a déclaré : « nous allons faire appel dans les jours qui viennent parce qu’il y a dans ce dossier un certain nombre d’éléments à décharge ».

Alain Gauthier, qui préside le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), s’est réjoui de cette décision : « c’était une décision que nous attendions depuis très longtemps ».

En effet, la plainte déposée à l’encontre de Laurent Bucyibaruta a été déposée en 2000 par des familles de victimes et les associations FIDH et Survie.

En 2013, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TIPR), qui s’était retiré de ce dossier au profit de la justice française, avait fait part de préoccupation quant à la lenteur de la procédure en justice.

Depuis sa création en 2012, le pôle « crimes contre l’humanité » ne traite pas moins de vingt-cinq dossiers liés au massacre rwandais de 1994.

Au début du mois de décembre 2018, Sosthène Munyemana, un médecin rwandais réfugié en hexagone depuis l’automne 1994, avait été renvoyé également devant les assises pour crimes contre l’humanité et génocide.