Bernard Ntuyahaga, l'assassin des paracommandos belges et génocidaire des Tutsi vient d’être expulsé vers le Rwanda. Source Medias



L'ancien major Bernard Ntuyahaga, qui a purgé en Belgique une peine de vingt ans de prison pour sa participation dans l'assassinat des dix paracommandos belges à Kigali en 1994, est expulsé vendredi matin vers le Rwanda, a-t-on appris auprès de sa fille, ainsi que du centre de lutte contre l'impunité et l'injustice au Rwanda (CLIIR).

Les proches de l'ancien major ont fait le pied de grue au cabinet de la secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Maggie De Block, jeudi et vendredi matin dans l'espoir de la rencontrer, "sans succès", a indiqué le coordinateur du CLIIR, Joseph Matata, qui appuie la fille de Bernard Ntuyahaga dans ses démarches.

« Son avocate nous a contacté ce matin pour nous dire qu'il ne servait à rien de tenter de rencontrer Mme De Block. Elle a en effet indiqué qu'il était actuellement à l'aéroport en vue de son expulsion », explique M. Matata.

L'avocate de Bernard Ntuyahaga, Me Sarolea, a indiqué ne pas avoir réussi à rentrer en contact avec ce dernier, qui était injoignable. "Mais son expulsion est la suite logique de la procédure", a-t-elle fait savoir.

De son côté, l'Office des étrangers a confirmé que M. Ntuyahaga a été « rapatrié vers son pays d'origine ». 

L'homme se trouvait en centre fermé depuis le mois de juin dernier et a épuisé tous les recours possibles, selon l'Office des étrangers, qui est chargé de ramener cet homme dans son pays d'origine.

« Une collaboration entre les gouvernements rwandais et belge a permis d'organiser le retour de l'intéressé vers le Rwanda, avec toutes les garanties quant au respect de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Si l'intéressé devait répondre d'autres faits dans son pays, il serait soumis, comme tout citoyen rwandais, à une procédure équitable garantie par les lois nationales. Tel fut le cas d'autres génocidaires extradés de différents pays vers le Rwanda », a encore tenu à préciser la porte-parole de l'Office des étrangers, Dominique Ernould.

Du côté des proches de Bernard Ntuyahaga, on dit craindre pour son intégrité physique. « Il est en danger. Son expulsion est un assassinat par procuration, dont la Belgique sera responsable », souligne le coordinateur du CLIIR.

Dans tout cela personne ne mentionne la première ministre du Rwanda Agathe Uwilingiyimana qu’il a fait assassiner. Aucun mot pour des milliers de Tutsi innocents, que lui et ses hommes, ont eu le plaisir de massacrer, après l’assassinat des dix commandos belges. Personne ne veut voir que Ntuyahaga faisait partie de la machine génocidaire mise en place par le régime

On peut aussi regretter que le tribunal belge dans son jugement, n’a retenu sur lui que l’assassinat des belges.

Il devrait plutôt s’estimer heureux de son retour au pays où il va retrouver ses biens et vivre tranquillement dans sa patrie. Aucun de ses victimes n’a cette chance. Et si par hasard il y a un survivant, il vivote à cause du major.

Il est certain que Ntuyahaga et ses défenseurs, craignent que son dossier ne soit pas vierge au Rwanda. S’il y a un point que la justice belge aurait oublié ou qu’un nouveau fait soit mis à jour, un nouveau procès peut reprendre. Ce qui n’est pas impossible vu l’ampleur du crime.