Le CGRA rejette la demande au motif que sa condamnation en 2007 par la cour d’assises de Bruxelles pour sa participation à l’assassinat des dix Casques bleus belges l’exclut de la demande de protection prévue par la Convention de Genève de 1951.  Par Gilbert Dupont



Pour le CGRA, rien ne s’oppose à son expulsion vers le Rwanda. Le principal intéréssé, pour sa part, évoque des "interventions du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Théo Francken pour que ma demande d’asile soit rejetée"

Selon des informations recueillies auprès de l’intéressé lui-même, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) a refusé, lundi, la demande d’asile déposée en juillet par l’ex-major rwandais Bernard Ntuyahaga.

Toujours selon Bernard Ntuyahaga, le CGRA, dans cette décision de rejet, a d’autre part rendu un avis dans lequel il n’estime pas l’expulsion vers le Rwanda incompatible avec la législation belge.

Au Centre Caricole à Steenokkerzeel où il est retenu depuis le 1er juin dernier, Bernard Ntuyahaga a souhaité nous préciser qu’il introduira un recours devant le Conseil du Contentieux des étrangers.

Début août déjà, les familles et proches des dix paras de Flawinne massacrés le 7 avril 1994 à Kigali exprimaient leur colère à l’idée que Ntuyahaga demande et surtout obtienne l’asile en Belgique.

Le CGRA a donc rendu sa décision et celle-ci est négative : la demande qui a fait polémique cet été est rejetée et Ntuyahaga, qui ne se dit pas surpris, et dispose de dix jours pour introduire son recours.

La perspective ouverte par le CGRA de son expulsion vers le Rwanda suscite, de sa part, cette réaction: “Au Rwanda, je risque d’être éliminé par le FPR (Front patriotique rwandais, de Paul Kagame, NdlR). Si j’arrive à Kigali, je suis un homme mort. Ils ont toujours la volonté de vengeance. Le FPR n’attend que cela, mon retour à Kigali. Même ceux qui se sont ralliés au FPR ont été éliminés ou obligés de fuir pour sauver leur vie”.

On sait que Ntuyahaga rêve de refaire sa vie au Danemark où l’attendent, dit-il, sa femme et leur fille.

Pour le CGRA, Ntuyahaga peut clairement être expulsé au Rwanda.

Ntuyahaga ne décolère pas; il accuse et parle même de “pressions” . Il nous le dit ainsi: “Dans mon parcours judiciaire, à toutes les étapes, il y a toujours eu des interventions au plus haut niveau. Il y a eu des pressions internationales au TPR à Arusha pour me déclarer coupable. Il y a eu des interventions du Premier ministre belge (sic) pour que je sois condamné par la cour d’assises de Bruxelles (pour ses responsabilités dans l’assassinat des paras, à 20 ans de réclusion). Il y a eu maintenant des interventions du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Théo Francken pour que ma demande d’asile soit rejetée et aussi pour que je sois renvoyé au Rwanda”. Fin de citation.