A 59 ans, ce rwandais, prêtre à Gisors, est soupçonné de complicité de génocide par une dizaine de parties civiles. Entre avril et juillet 1994, le génocide des Tutsis a fait plus d’un million des victimes. Par Véronique Arnould et Jean-Luc Drouin



Munyeshyaka en 1994, le révolver à la hanche ! Pour se protéger ? Protéger les réfugiés dans son église ou génocidaire comme les autres ? Curieux comportement pour un prêtre

A l'époque des faits, il était vicaire à la paroisse de la Sainte-Famille à Kigali (Rwanda). Durant le génocide, cet édifice religieux servait de lieu de refuge aux rwandais, victimes du conflit qui opposait Hutus et Tutsis en 1994. Le prêtre est soupçonné d'avoir livré aux miliciens Hutus Interahamwe des Tutsis.
Réfugié en France, dont il a obtenu la nationalité en 2010, le père Wenceslas avait été arrêté en 2007 à Gisors suite à la demande d'extradition du Tribunal pénal international pour le Rwanda. Le TPIR qui finalement se désistera et demandera à la France de juger le prêtre.
En octobre 2015, les juges lui avaient accordé un non-lieu en estimant que sa passivité face aux massacres en 1994 au Rwanda ne pouvait suffire à ordonner son renvoi devant la cour d'assises pour génocide.
Depuis, des parties civiles ont fait appel de ce jugement pour que la chambre d'instruction réétudie le dossier. Leur objectif est que le père Wenceslas Munyeshyaka soit déféré devant une Cour d'assises.
Après une journée de plaidoiries, la décision de justice devrait mise en délibéré.


Véronique Arnould et Jean-Luc Drouin reviennent sur ce long feuilleton judiciaire. Voyez leur reportage avec l'interview d’Alain Gautier, Président collectif parties civiles pour le Rwanda. Vidéo au bas de la page d’accueil