L’ancien président français a été reçu ce lundi 15 janvier par le président rwandais. A Kigali, Nicolas Sarkozy qui était notamment en compagnie de Cyrille Bolloré, s’est entretenu avec les responsables de l’Agence rwandaise de développement sur les opportunités d’investissements dans divers secteurs. Par Aboubacar Yacouba Barma

Rwanda Development Board CEO Clare Akamanzi received former French President, Nicholas Sarkozy today at RDB headquarters in Kigali

Une vision qui intervient alors que les relations entre la France et le Rwanda sont toujours tendues, mais chez Kagamé, Sarkozy a plutôt bonne presse depuis son passage à l’Elysée.
L'ancien président Nicolas Sarkozy a été reçu en grande pompe par Paul Kagamé ce lundi 15 janvier à Urugwiro Village, le siège de la présidence rwandaise. C'est ce qu'a annoncé, quelques heures après l'entretien, le cabinet du chef de l'Etat rwandais qui dans un Tweet a confirmé que «le président Kagame [a reçu] l'ancien président français Nicolas Sarkozy au village d'Urugwiro».
A la tête d'une importante délégation d'hommes d'affaires français en visite de prospection au Rwanda, l'ancien chef de l'Etat français a visité le Rwanda Development Board (RDB), l'agence en charge de la promotion des investissements dans le pays. Au sein de la délégation française, un invité de marque, Cyrille Bolloré. Selon la CEO de la RDB, Clare Akamanzi, il a été question, au cours de cette rencontre, des opportunités d'investissements français dans plusieurs secteurs économiques où le pays recèle d'importantes potentialités, notamment dans les infrastructures, la logistique, mais aussi le tourisme d'affaires et l'hôtellerie.
Sarkozy en terrain connu
La visite de Nicolas Sarkozy dans la capitale rwandaise rentre donc dans le cadre des affaires. Elle intervient alors que les relations entre Kigali et Paris restent toujours tendues. Cependant, chez Kagamé, Sarkozy ne manque pas d'atouts, car contrairement à beaucoup de responsables français, notamment de droite, il est le bienvenu au regard des intentions de normalisation des relations entre les deux pays qu'il a laissées transparaître durant son passage à l'Elysée.
En février 2010, alors qu'il était chef de l'Etat, Sarkozy a en effet effectué une visite officielle au Rwanda, la seule visite d'un président français à Kigali depuis le génocide de 1994, principale pomme de discorde entre la France et le Rwanda. A cette occasion, il n'a pas manqué de reconnaître que «des erreurs de jugement» ont été peut-être commises par les responsables français à l'époque du génocide perpétré contre les Tutsi.
Une position assez courageuse pour les autorités rwandaises qui attendent toujours des excuses officielles de la France pour sa responsabilité dans les massacres, ainsi que la traduction devant la justice des responsables français soupçonnés d'avoir joué un rôle dans le génocide. Jusque-là, le dossier n'a pas avancé d'un iota et a été régulièrement empoisonné par l'ouverture d'instructions en France visant de hauts responsables rwandais proches de Kagamé. Mais Kigali n'a visiblement pas oublié le geste de Sarkozy.
Il convient d'ailleurs d'ajouter que jusqu'à cette date, Nicolas Sarkozy est le dernier haut fonctionnaire français à avoir visité le Rwanda au cours des vingt-trois dernières années. Sa visite chez Kagamé, président en exercice de l'UA, entre certes dans le cadre du business, ce qui pourrait donner le déclic pour la normalisation des relations entre les deux pays, surtout que les investisseurs français s'intéresseraient aux opportunités d'investissements qu'offre le pays. D'ailleurs, dans ce cas comme ailleurs, ce n'est pas la première fois que les affaires viennent au secours de la politique.