Le plan Marshall d'Angela Merkel se veut d’inciter les entreprises allemandes à investir sur le marché africain et faire concurrence à des pays comme la Chine et l'Inde qui investissent massivement sur le continent. Ainsi, les entreprises allemandes privées bénéficieront de nouveaux marchés et créeront des nouveaux emplois en Afrique. Par Vitraulle Mboungou


Dans son dernier rapport publié le 14 septembre dernier et intitulé « Au-delà de l'austérité − Vers une nouvelle donne mondiale », la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) invite les pays développés à mettre fin aux mesures d'austérité budgétaire vecteurs d'inégalités, en s'inspirant de « l'esprit de 1947 » avec le « New Deal » ou le Plan Marshall. Pour ses auteurs qui se sont particulièrement intéressé à l’impact de la robotisation, notamment sur l’emploi, l'économie mondiale qui peine à rebondir, a besoin d'un vaste plan d'investissements.

Même si selon eux, ce phénomène ne semble pas concerner au premier abord, le secteur industriel africain, ses effets négatifs risquent malgré tout, de se faire ressentir à terme sur le continent. « Le recours à la robotique tourne pour l’instant à l’avantage des pays aux capacités industrielles bien établies, ce qui pourrait encore assombrir les perspectives de croissance des pays en développement dont l’activité manufacturière ne progresse plus ou qui sont déjà entrés dans une phase de "désindustrialisation précoce" », souligne la Cnuced.

Face à ce constat, l'organisation onusienne appelle donc à redistribuer les excédents commerciaux accumulés par certains pays pour rééquilibrer l’économie mondiale car « la situation ne va pas s’améliorer outre mesure sans un vrai New Deal, pour mettre fin à l’austérité, mobiliser les ressources financières pour l’emploi et l’investissement et mettre fin aux activités de rente qui augmentent les inégalités ». C'est pourquoi, « la récente proposition du G20 avancée par l’Allemagne − un plan Marshall pour l’Afrique − est la bienvenue, mais n’a pas le muscle financier nécessaire », note la Cnuced.

Lors du dernier sommet du G20 (7-8 juillet 2017) à Hambourg en Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel a en effet, émis cette idée pour « redonner un avenir aux jeunes Africains en Afrique » ou encore poser les bases d'un « commerce juste, en luttant contre les flux financiers inégaux et l’arrêt des livraisons d’armes dans les zones en crise ». En somme, ce plan veut doper le développement économique sur le continent tout en luttant contre la corruption.

Mais la question que beaucoup se pose est : « comment ce nouveau plan Marshall pourrait réussir là où l’aide publique au développement a échoué ? » Une aide en provenance du monde entier qui, selon le document détaillant ce plan, a accordé en 2015, plus de 50 milliards de dollars à l'Afrique. Ce à quoi, ses défenseurs répondent : « parce que justement, il ne s’agit pas d’envoyer des milliards supplémentaires car donner plus ne résoudra rien ».

Le plan Marshall d'Angela Merkel ambitionne donc d’inciter les entreprises allemandes à investir sur le marché africain et faire concurrence à des pays comme la Chine et l'Inde qui investissent massivement sur le continent. Ainsi, les entreprises allemandes privées bénéficieront de nouveaux marchés et créeront des nouveaux emplois en Afrique. À l'image de Volkswagen qui a ouvert des usines d’assemblage au Kenya et au Rwanda, il ne s’agit donc plus de ne faire que de l’import-export, mais bien de produire et de vendre en Afrique.