Areruya, le coureur de Delko Marseille Provence va écrire l’histoire du Paris-Roubaix en devenant le premier coureur africain noir à y participer. La Voix du Nord



Photo Pascal Bonnière - VDNPQR


Le natif de Kigali ne découvrira pas totalement les secteurs pavés, présents notamment sur le Tour du Rwanda, une course qu’il a remportée, en 2017.

Joseph Areruya est arrivé, mercredi soir, dans le Nord pour préparer au mieux son premier Paris-Roubaix.

Ne cherchez pas son nom sur la liste, même très élargie, des favoris, Joseph Areruya n’en fait pas partie. Cela ne l’empêchera pas d’être une des attractions du Paris-Roubaix.

2019. Dimanche, le 815e du classement UCI va devenir le premier coureur d’Afrique noire à prendre part à l’Enfer du Nord.

« J’ai découvert ça dans les journaux, sourit-il. Bien sûr, c’est spécial pour moi, c’est l’histoire et je m’en souviendrai toujours. Je n’ai jamais rêvé du Paris-Roubaix et je n’aime pas les classiques, mais je suis heureux d’être ici, d’autant que c’est une première… » Un événement qui devrait faire du bruit, notamment au Rwanda, son pays natal, candidat à l’organisation des championnats du monde sur route 2025.

« Il supporte les efforts à répétition »

À l’instar de la mondialisation du cyclisme, le jeune Rwandais (23 ans, 1,76 m, 74 kg) a de l’avenir. Andy Flickinger, qui l’a repéré sur le Tour du Gabon 2018 et recruté, en est persuadé. « Il l’avait remporté en gagnant l’étape reine et m’avait impressionné par sa puissance », lâche le directeur sportif de Delko Marseille Provence (Cont-Pro).

Un an après, toujours en formation, l’adepte des courses à étapes a été jugé « capable de faire le Paris-Roubaix » : « C’est un athlète, il supporte les efforts à répétition, mais il doit apprendre à évoluer dans un peloton de deux cents coureurs, à un niveau plus élevé, pour y trouver sa place. »

Les pavés du Rwanda

Ce sera le cas, dimanche, les pavés en bonus. Des cobblestones (pavés, en anglais), comme dit Areruya, qui ne les découvre pas vraiment. Il les a notamment pratiqués sur le Tour du Rwanda, remporté en 2017 et connu pour son mur de Kigali, « le Koppenberg rwandais », d’après un article, paru en 2016, sur le site de L’Équipe (https://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Kigali-a-son-koppenberg/751003).

« Au Rwanda, il y a quelques pavés dans les montées, mais ce n’est pas pareil, juge Areruya, 92e sur La Roue Tourangelle, le week-end dernier. Au maximum, cela dure quelques centaines de mètres. Paris-Roubaix est bien plus rude, c’est incomparable. »

Prendre l’échappée ou « la machine à laver »

Deux jours de reconnaissances, ce vendredi et jeudi, lui ont servi de préparation, tout comme le Grand Prix de Denain (92e) et deux classiques belges courues fin mars. Ce week-end, son objectif sera avant tout d’aller au bout : « Je veux terminer, c’est une grande chance d’être là. Et si les jambes sont bonnes, je tenterai de prendre l’échappée. »

Cela lui permettrait « d’appréhender les premiers secteurs pavés sans le tumulte du peloton, argue Flickinger. Sinon, il découvrira la machine à laver du Paris-Roubaix ». Ce qui n’a pas l’air de trop l’effrayer. « Je n’ai pas peur, balaye Areruya. Tu ne peux pas être effrayé avant le Paris-Roubaix . Juste un peu inquiet, oui, mais c’est normal… »