"On a autant de public au Rwanda, voire plus, que sur le tour de France" Par Jérôme Val

 

Le Tour cycliste du Rwanda, le 25 février 2019.Le Tour cycliste du Rwanda, le 25 février 2019. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INTER)

 

Le tour cycliste du Rwanda est désormais une épreuve importante du calendrier international, mais aussi un axe majeur de la politique du gouvernement rwandais pour changer l’image du pays, 25 ans après le génocide.

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Le Rwanda aime sa course de vélo. Depuis le début du Tour cycliste du Rwanda, le 24 février, les Rwandais le montrent le long des routes. Des centaines de milliers de personnes, des hommes, des femmes et enfants attendent le passage des coureurs sur le pas de leur porte, assis au pied des arbres ou debout pendant des heures.

La ferveur populaire est incroyable. À Kigali, la capitale, ou dans des villages modestes comme à Rwamagana dans l'est du pays, c'est la même image : une foule colorée et souriante. Cet enthousiasme surprend même les équipes professionnelle : "C'est magnifique, on voit que tout le monde est concerné. C’est vraiment une belle course. J'avais hâte de venir pour voir ça", s'exclame Andy Flickinger, directeur sportif de la formation française de Delko Marseille.

"Une occasion de faire connaître le Rwanda"

Le nombre de spectateurs est difficile à évaluer, mais on estime que proportionnellement à la population du pays, la fréquentation est plus importante que sur le Tour de France. "On a autant de public, voire plus, à certains endroits que sur le tour de France", affirme Olivier Grandjean, coordinateur général du Tour du Rwanda. "On nous disait pendant un moment qu’il y avait, sur l’ensemble des huit jours trois millions de spectateurs c’est peut-être un peu exagéré, mais je pense qu’on n'est pas loin de au moins deux millions, deux millions et demi."

Des enfants sur le Tour cycliste du Rwanda, le 25 février 2019.Des enfants sur le Tour cycliste du Rwanda, le 25 février 2019. (JÉRÔME VAL / FRANCE-INTER)

Le Tour du Rwanda est devenu un événement incontournable dans un pays où l’équipe nationale de football ne brille pas par ses performances. Le gouvernement rwandais, l'organisateur officiel de la course, l’a bien compris : cette épreuve doit servir à changer l’image d’un pays encore marqué par le génocide de 1994 qui avait fait 800 000 morts. "C’est une occasion de faire connaître le Rwanda, qui n’a pas toujours eu une bonne image depuis le génocide perpétré contre Tutsis", explique Aimable Bayingana, président de la fédération rwandaise de cyclisme.

Le Tour du Rwanda a d’abord été une course régionale à sa création, en 1988. Interrompue dans les années 1990 en raison du génocide, l’épreuve s’est peu à peu imposée dans le paysage sportif africain avant d’être labellisée par la fédération internationale il y a dix ans.