Les significations du signe TAO sont multiples et très profondes. Mais commençons par celle qui nous concerne directement : la santé et la maladie. Par JM Dupuis


Vous connaissez, bien sûr, le signe du Tao : la partie blanche est la santé, la partie noire, la maladie.


Le point noir dans la partie blanche indique que, même si votre santé est excellente, vous avez toujours, quelque part, un petit problème. « Dans la vie, il y a toujours un os » est l’expression qui correspond en français.
Cela peut paraître un peu pessimiste, mais regardons maintenant le point blanc dans la partie noire.
Cette fois, c’est l’inverse : même si la maladie paraît totale, la situation désespérée, il existe toujours un espoir. « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », dit-on chez nous. « Tous les nuages noirs ont leur frange d’or » est une autre expression qui dit la même chose.
Le signe du Tao doit être vu comme un symbole dynamique : le point blanc a vocation à s’étendre, le point noir également, et donc les deux parties à s’inverser. Cela représente nos vies, qui alternent entre plénitude et maladie, mais sans jamais atteindre le blanc ni le noir total.
Rien de très extraordinaire jusque-là, me direz-vous. - Vous avez raison. - Mais attendez la suite :
Là où ça devient intéressant, cette histoire de « rien n’est complètement blanc, rien n’est complètement noir » n’est pas le message principal du signe du Tao.
Avant tout, il faut regarder la ligne sinueuse qui traverse le cercle, à la frontière entre le blanc et le noir.
Cette ligne représente le chemin de votre vie.
Tao, ou plus exactement dao , signifie, en effet, « la voie » ou « le chemin ». Et c’est là que ça devient intéressant.
La découverte du signe du Tao est une des plus grandes percées jamais réalisées par l’Homme pour comprendre comment mener une vie réussie.
Il nous enseigne que le chemin d’une vie réussie passe juste à la limite entre la sérénité, la santé idéale (partie blanche) et le chaos (partie noire).
En effet, quelqu’un qui traverserait toute sa vie en restant bien confortablement installé dans la partie blanche, qui serait constamment en bonne santé, en paix, dans la sérénité, et donc n’affronterait aucune épreuve, ne peut incarner l’idéal de l’Homme.
Trop tranquille, la vie en lui s’étiolerait. Il n’accumulerait ni expérience, ni sagesse, ni force. La vie a besoin d’être soumise à un certain niveau de tensions, d’épreuves, pour être intéressante. Il n’y a pas de héros sans épopée. Pas d’Hercule sans les « 12 travaux ». Pas d’Ulysse sans tempêtes, pas de Jésus sans crucifixion.
Réciproquement, celui qui passerait toute sa vie dans le chaos, la maladie totale (partie noire), serait tellement accablé de souffrance et de malheurs qu’il ne pourrait construire quoi que ce soit.
Il faut parvenir à mettre à distance la maladie ou le handicap. Ils ne doivent pas représenter toute notre vie, notre seule et unique préoccupation. C’est l’épreuve que nous devons franchir pour quitter la zone noire et rejoindre le chemin sinueux, riche de progrès et d’enseignements, qui se trouve à la limite entre le blanc et le noir, et qui nous permet d’avancer dans la vie.
La force des symboles
Autrefois, les gens ne lisaient pas, ne philosophaient pas, n’analysaient pas les choses comme nous le faisons aujourd’hui.
Symboles et récits sont la façon naturelle pour l’être humain de connaître et de comprendre les choses. C’est pour cela qu’on raconte des histoires aux enfants.
Le signe du Tao, donc, a permis d’enseigner une sagesse très profonde à des millions d’hommes durant les millénaires de la civilisation chinoise.
Pour mes fidèles lecteurs qui ont lu ma récente lettre sur saint Georges et le Dragon, c’est la même idée qui s’exprime.
Saint Georges s’ennuie, en réalité, dans sa forteresse. Il s’étiole. Le calme absolu d’une vie trop bien réglée ne lui convient pas. Mais il ne doit pas non plus être emporté par le Dragon dans sa caverne sombre, où il disparaîtrait. Là où saint Georges est à sa place, vit, « s’éclate » même – diraient les jeunes –, c’est dans son combat victorieux contre le Dragon.
C’est cela qui va lui valoir la belle princesse et le trésor.
De même, dans nos vies, et face à la maladie, le « chemin » se trouve là où nous décidons de nous prendre en main et de lutter, enfin, sérieusement, contre les maux qui nous menacent.
C’est, si j’ose dire, ce que vous faites quand vous lisez un de nos dossiers et que, courageusement, vous passez à l’action ! Vous êtes alors de retour sur la ligne sinueuse du Tao, le chemin de la vie qui vous permet d’avancer !
À votre santé !