Alors que les autorités algériennes peinent à trouver la bonne formule pour relancer l’économie nationale suite à l’effondrement des cours de pétrole, plusieurs pays africains traversent une période faste de croissance économique. À leur tête, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Tanzanie et le Rwanda

Alors que les autorités algériennes peinent à trouver la bonne formule pour relancer l’économie nationale suite à l’effondrement des cours de pétrole, plusieurs pays africains traversent une période faste de croissance économique. À leur tête, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Tanzanie et le Rwanda, mènent la marche des pays africains avec la meilleure croissance économique du continent. Comment ont-ils réussi à sortir de la torpeur ?
Rwanda : Les nouvelles technologies dopent la croissance
Il y a 20 ans, le Rwanda symbolisait la guerre civile et le terrible génocide, avec leur lot de malheurs économiques. Aujourd’hui, cette image est presque oubliée. Cette année, la croissance devrait atteindre 6,8%, après 6,9 en 2015 et 7% en 2014. Des performances réalisées notamment grâce au secteur de services qui représentent près de 50% du PIB.
« Ces dix dernières années, le gouvernement a misé sur les nouvelles technologies pour accélérer et diversifier son économie. Et les résultats sont là. Selon les chiffres officiels, au cours des cinq dernières années, la pénétration de la téléphonie mobile est passée d’à peine 8% à 60%, et le réseau de fibre optique dépasse aujourd’hui les 2 503 kilomètres », note Le Point. Résultat : les Rwandais jouissent aussi de l’un des meilleurs accès à Internet. Les Rwandais profitent aujourd’hui des avantages des services bancaires par téléphone mobile, qui sont déjà offerts dans plusieurs pays africains. Les agriculteurs peuvent aussi recevoir les dernières informations sur le cours des produits agricoles qu’ils cultivent grâce au programme e-Soko (c’est-à-dire « e-marché ») accessible par SMS, qui élimine les intermédiaires et leur permet donc d’augmenter leur marge », précise le magazine français.
Mais il n’y a pas que les nouvelles technologies qui dopent l’économie rwandaise. L’agriculture représente 33% du PIB du Rwanda. En 2015, le secteur agricole a enregistré une croissance réelle de +5%, contribuant ainsi à hauteur de 1,5 point au taux de croissance de 2015, note Jeune Afrique.
Tanzanie : croissance stable et soutenue
La Tanzanie connait ces dernières années une croissance économique stable et soutenue, avec un taux oscillant entre 6.5 et 7%. L’économie du pays repose principalement sur le secteur des services, qui représente 49% du PIB. Les télécommunications, les services financiers et la construction représentent les pôles les plus dynamiques du pays. Malgré la force du secteur des services, 80% de la population reste employée dans le secteur de l’agriculture, qui souffre pourtant d’une faible production et d’une progression ralentie malgré le potentiel agricole très important de la Tanzanie.
Malgré le fait qu’elle soit le troisième producteur d’or en Afrique, ce secteur ne représente que 3% du PIB de la Tanzanie. Le pays reste par contre confronté à de très sérieux défis, puisque 70% de la population tanzanienne vit sous le seuil de la pauvreté avec moins de deux dollars par jour et qu’à peine 21% de la population du pays a accès à l’électricité. L’accès à l’électricité en Tanzanie descend à un taux abyssal de 7% en milieu rural.
Éthiopie: le miracle économique
Sur les cinq dernières années, l’Éthiopie connait un essor économique sans précédent avec une croissance du PIB établie à 9.1% sur cette période. L’économie éthiopienne est profondément ancrée dans l’agriculture, qui représente près de 42% du PIB, 80% des exportations et surtout 75% des emplois de ce pays de près de 100 millions d’habitants.
Les secteurs de la construction et de l’électricité offrent aussi un deuxième souffle au pays. Le secteur tertiaire contribue quant à lui à hauteur de 43% du PIB de l’Éthiopie. « Il faut tout d’abord bien comprendre que l’Éthiopie part de presque zéro. Il est plus facile d’afficher des taux de croissance de 10 % quand on commence au bas de l’échelle », tempérait cependant en mai dernier un diplomate européen en poste à Addis Abeba au site Le Point.
Côte d’Ivoire: le bon élève de la classe
La Côte d’Ivoire devrait connaître cette année 2016 une croissance économique de 8.5%, selon les prévisions du dernier rapport « Perspectives économiques mondiales » de la Banque mondiale. Sur la période 2012-2015, ce pays d’Afrique de l’Ouest a connu une croissance annuelle de 9.3%, soit la plus forte croissance d’Afrique. Selon Les Echos, la Côte d’Ivoire a pu accéder à ces taux de croissance impressionnants en s’engageant dans de profondes réformes économiques visant à mettre en place un environnement favorable à l’investissement.
Concrètement, cela s’est concrétisé par la mise en place d’un nouveau code des investissements dès l’année 2012, d’un guichet unique de création d’entreprises, d’une plateforme d’échanges pour centraliser les appuis des partenaires au développement de l’environnement des affaires, et surtout d’une faible pression fiscale. L’économie de la Côte d’Ivoire a également bénéficié d’un environnement extérieur très favorable. La hausse des cours du cacao, combinée à la chute des cours des hydrocarbures et la dépréciation du Franc CFA par rapport au dollar ont offert une amélioration de 30% des termes de l’échange.