Le Burundi vient de bénéficier de la remise de dette de FMI et vient de s’engager à payer les arriérés qu’il doit à EAC . La Rédaction

 

 






Remise de dette de FMI

Le FMI vient d’accorder au Burundi un allègement de la dette à hauteur de 7,6 millions $ pour faciliter la lutte contre la pandémie de covid-19. La mesure qui permettra de libérer des ressources pour les besoins publics pourra être portée à 24,9 millions $ au cours des prochains mois. C’est ce qu’a annoncé l’institution dans un communiqué publié lundi 20 juillet 2020.

Notons que la mesure d’allégement concerne le service de la dette du Burundi due au FMI du 21 juillet  au 13 octobre 2020. Un allégement supplémentaire est également prévu en cas de disponibilité de ressources, couvrant cette fois-ci la période du 14 octobre 2020 au 13 avril 2022 ; ce qui pourrait porter l'allégement total du service de la dette à l'équivalent de 24,97 millions $.

La mesure vise à aider le pays à faire face à la crise du nouveau coronavirus qui augmente les défis socioéconomiques auxquels doit faire face le nouveau gouvernement. S’inscrivant dans le cadre du Fonds fiduciaire pour l'endiguement et l'atténuation des effets des catastrophes, le programme permettra de « libérer des ressources pour les besoins du secteur public en matière de santé, y compris d'autres dépenses d'urgence, et contribuera à atténuer le choc sur la balance des paiements que représente la pandémie de covid-19 ».

Le Burundi a vu ses besoins de financements extérieurs augmenter considérablement pour les années 2020 et 2021. Cette situation résulte notamment de la baisse des exportations, d’un besoin élevé en termes d’importations et d’une réduction des envois de fonds de la diaspora.

« Compte tenu des risques qui se profilent à l'horizon, il sera important de garantir une coopération étroite avec les organisations multilatérales et les donateurs et d'assurer des allocations budgétaires adéquates en faveur de la santé et d'autres dépenses prioritaires », a indiqué le FMI dans son communiqué.

Le Burundi menacé d’expulsion, il promet d’apurer ses arriérés

L’EALA aurait demandé la suspension du Burundi de l’EAC faute d’acquittement des arriérés, il a voté une motion d’expulsion du Burundi de la Communauté Est-africaine(CAE), a rapporté le journal kenyan, The East African. Fâché, Gitega a dénoncé une information biaisée, tout en reconnaissant sa dette qu’il promet d’apurer sous peu. Pourquoi ces arriérés ? Quelles peuvent être les implications ? Eléments de réponse.

L’histoire des arriérés des cotisations du Burundi dans l’EAC n’est pas nouvelle. Ces dernières années, le pays a accusé des retards pour les cotisations. Déjà pour les années fiscales 2016-2017, 2017-2018, et 2018-2019 aussi. Des millions de dollars d’arriérés… Mais, telle que faite par The East African, l’annonce de ces arriérés pour l’année budgétaire qui vient de s’écouler pointait un risque : la menace d’expulsion pour deux débiteurs, le Burundi et le Soudan du Sud en l’occurrence.

Selon ce media kenyan, lors des échanges dans la semaine du 21 juin, des députés de l’EALA ont été attristés par le retard récurrent de paiement des cotisations annuelles par le Burundi et le Soudan du Sud. Des arriérés qui auraient eu pour conséquence notamment le manque des salaires de ces élus du peuple. De quoi les amener à formuler cette motion d’expulsion de ces membres de la CAE.

L’information a fait un peu froid dans le dos et les réactions ne se sont pas fait attendre. Le secrétariat général de la CAE, sous la responsabilité du Burundais Libérât Mpfumukeko, l’a critiquée, soulignant que la motion proposée recommandait au Conseil ministériel de la communauté d’exhorter le Sommet des chefs d’Etats de mettre en application les articles 132 (en son alinéa 4) et 146 du Traité d’établissement de la CAE.

Le premier dispose : « Les ressources du budget proviennent des contributions annuelles, d’un montant égal, des États membres, de donations régionales et internationales ainsi que d’autres sources qui peuvent être identifiées par le Conseil ». Quant au second, il stipule que « le Sommet peut suspendre un État membre si cet État ne respecte pas les principes fondamentaux et les objectifs du Traité, y compris s’il ne respecte pas ses obligations financières vis-à-vis de la Communauté pendant une période de dix-huit (18) mois ».

Pour M. Nduwayo, il faut que le Burundi s’acquitte de ses contributions afin de s’éviter un risque de suspension. « Il n’y a aucune autre marge de manœuvre ». Selon lui, la dette n’est pas anodine. Il parle de plus de 9 millions USD. Si ces arriérés demeurent impayés, dit-il, il y a beaucoup d’activités de la communauté qui ne sont pas réalisées alors qu’elles étaient prévues. Notamment des projets qui doivent être financés par ces contributions. Mais aussi, la dette peut avoir pour implication le manque de salaire du personnel, l’annulation des rencontres prévues, etc.