Alors qu’une récession généralisée est attendue cette année en Afrique subsaharienne, le Rwanda devrait faire exception, avec une croissance certes en forte chute, mais au-dessus de la moyenne prévue pour la sous-région. Par La Tribune Afrique







Le Rwanda pourrait être l'une des exceptions de la récession économique attendue en Afrique subsaharienne. Le pays de Paul Kagamé prévoit en effet une croissance du PIB de 2% en 2020, a déclaré le ministre rwandais de l'Economie lors de la présentation du budget au Parlement ce lundi, rapporte Reuters. Une telle performance représenterait certes une forte dégringolade comparée aux 9,4% de croissance en 2019, mais resterait le moindre mal par rapport à d'autres pays du continent.

Selon le ministère de l'Economie, les revenus du tourisme - un des maillons forts de l'économie rwandaise - ont reculé de 32% jusqu'à présent. En revanche, les IDE devraient chuter de 62%, en raison notamment de l'impact de la pandémie sur le commerce, soit largement plus que la moyenne continentale de -20% à -40% établie par la CNUCED dans son dernier rapport sur les investissements dans le monde.

Les économies du monde entier font face à une crise économique sans précédent. En Afrique, la Banque mondiale prévoit une première récession en 25 ans au sud du Sahara avec une croissance du PIB qui se situerait entre -2,1% et -5,1% en 2020. « Même en considérant l'Afrique dans son ensemble, y compris le nord, nous aurons une croissance négative au-delà de -2%. Ma prévision est motivée par le fait que les grandes économies du Continent que sont le Nigeria, l'Angola et l'Afrique du Sud auront beaucoup de mal », expliquait dans un entretien avec La Tribune Afrique Carlos Lopes, économiste et ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies.

Pour l'ère post-covid, les analyses prospectives du ministère rwandais de l'Economie tablent sur une redynamisation progressive de la croissance du PIB de l'ordre de 6,3% en 2021 et 8% en 2022, pour se rapprocher de la situation d'avant-crise. Des prévisions qui cadrent avec les projections faites jusqu'ici par plusieurs économistes du continent. « A mon avis, la reprise se fera en 2021, lente, mais consistante à partir du deuxième semestre, si on arrive vraiment à contrôler la pandémie à des niveaux acceptables », prévoit notamment Carlos Lopes.

Face à cette peur sur l'économie, certains pays du continent ont partiellement confiné leur population ou rapidement déconfiné pour permettre la poursuite des activités économiques et ainsi limiter les effets de la crise. A plusieurs reprises, le Rwanda a été cité en exemple.