Le 18 février dernier, au cours de la cérémonie de lancement du service Internet 4G dans le bus, le Ministre Nsengimana avait annoncé que l’accès à Internet se fera sans supplément. Il avait également promis que l’accès à internet 4G sera élargi à tous les bus de transport public.Afrique Rédaction .

Maria, sac à dos bleu, jean usé, et tee shirt, tombant, trépigne. «ça fait plus de 9 minutes que j’attends le bus », dit-elle, un poil irritée, levant à peine les yeux de son Smartphone. A la gare du centre-ville de Kigali (Rwanda), la file d’attente des passagers gonflent à vue d’œil.
Maria, sac à dos bleu, jean usé, et tee shirt, tombant, trépigne. «ça fait plus de 9 minutes que j’attends le bus », dit-elle, un poil irritée, levant à peine les yeux de son Smartphone. A la gare du centre-ville de Kigali (Rwanda), la file d’attente des passagers gonflent à vue d’œil.

«Il y a plusieurs bus, mais, comme tous les soirs, il y a encore plus de monde», dit-elle franchement agacée.

A peine a-t-elle achevé sa phrase, qu’un bus s’avance sur la ligne de stationnement, suivant rigoureusement les indications d’un homme portant un gilet fluorescent la nuit. Une vingtaine de passagers s’engouffrent aussitôt.

Le conducteur démarre, son moteur toussant, et se lance dans les quartiers de la capitale rwandaise. Un autre prend aussitôt sa place, et même scénario, en quelques instants, il est pris d’assaut.

Attendant leur tour, quelques dizaines de jeunes, piaffent mais ont de quoi se consoler et prendre leur mal en patience. Têtes baissées, yeux plissés, ils pianotent sur leur téléphone portable.

Ces maîtres des réseaux sociaux n’hésitent pas à prendre des «selfies» avec pour décor, la gare où les sièges arrières du bus.

Et pour cause, Kigali a équipé, pour le plaisir de ces usagers, ses bus de transport en commun interurbains de wifi dont l’usage à bord est gratuit.

Quelques centaines de bus où l’on peut se connecter le temps d’une traversée attirent ainsi des milliers de jeunes, qui y entrent pour se faire conduire à leurs destinations respectives mais, aussi, pour se connecter gratuitement à internet.

«Tu ne paies rien. Tu n’as pas besoin de charger ton téléphone ou d’acheter un forfait. Tout est vraiment gratuit. C’est ça qui nous attire», confie Maria, étudiante, à Anadolu.

Tête baissée, yeux rivés sur l’écran fissuré de son téléphone portable, sourire aux lèvres, la jeune fille est en pleine discussion dans un groupe « whatsapp » avec ses amis.

Elle écrit comme ses amis, en Kinyarwanda, l’une des langues les plus parlées au Rwanda. Elle ne relève la tête que pour embarquer dans le bus de la Rwanda Federation Transport Cooperatives (RFTC), l’une des trois compagnies qui assurent le transport urbain à Kigali.

«On n’a même pas besoin de code pour se connecter à bord ou à la gare. Il suffit d’activer le Wifi de son téléphone et automatiquement, on est en ligne», sourit Célestin Ngaruhutse, coordonateur de la zone III (RFTC).

«Vous savez, avec internet dans les bus, on gagne du temps. On peut consulter ses mails, prendre des rendez-vous avec ses fournisseurs, causer avec ses employés et même sa famille et tout cela au même moment», résume Hervé Tuyishime, un jeune entrepreneur.

En plus du coût de transport «très bas» qui varie entre 150 et 300 Francs rwandais (0.25 et 0.50 usd), soit la moitié du prix d’un transport par moto et trois fois moins cher qu’un taxi, les jeunes et autres usagers ont aussi la possibilité d’avoir une carte magnétique qui, une fois chargée, leur permet de payer directement en l’insérant dans le compteur à bord des bus de la Kigali Bus Service (KBS), Royal Express Ltd ou de la RFTC.

«C’est un peu comme un distributeur automatique. Tu mets juste ta carte et tu entres», poursuit Hervé Tuyishime qui exhibe fièrement son sésame.

Le 18 février dernier, au cours de la cérémonie de lancement du service Internet 4G dans le bus, Jean-Philbert Nsengimana, le ministre de la Jeunesse et des TIC, qui avait annoncé que l’accès à Internet se fera sans supplément avait également exhorté « les passagers à se plaindre si le service n’étaot pas accessible ». Il avait également promis que l’accès à internet 4G sera élargi à tous les bus de transport public.

«Depuis janvier 2015, le Rwanda est un pays entièrement connecté et ses jeunes aiment ça. Partout, même ici à la gare routière, il suffit d’ouvrir son téléphone pour voir ce qui se passe dans le monde. Et comme la population est très jeune, ce sont les jeunes qui sont servis », confie avec fierté à Anadolu, Emmanuel Gatorano, l’un des guides de la gare du centre-ville.

Selon le rapport mondial 2016 du World Economic Forum (WEF) basé sur le thème : «L’innovation dans l’économie numérique», le Rwanda figure dans le top 10 des pays africains qui intègrent le mieux les TIC dans leur développement économique et social.

Le pays se classe à la 80ème place mondiale et 5ème africaine, derrière l’Ile Maurice, l’Afrique du Sud, les Seychelles et le Maroc. AA/