AFRIQUE : Le Monde des Startups Africaines a le Vent en Poupe

Les startup africaines lèvent 168 millions d’euros au premier trimestre 2018, signe de bonne santé de l’écosystème de l’innovation. Les fondations et les bailleurs de fonds sont les principaux contributeurs aux levées de fonds des jeunes pousses. Source La Tribune Afrique




Le monde des startups a le vent en poupe. Ainsi selon l’organisation WeeTracker les startups du continent africain ont levé au premier semestre 2018 autant que l’année 2017 dans son ensemble. Et ce n’est pas moins de 168,6 millions de dollars ( vs 167,7 millions de dollars en 2017) dont les startups ont bénéficié. Les choffres sont excellent et témoignent du potentiel de l’écosystème africain en matière d’innovation.

« En terme de macroéconomie, l’Afrique est 4 fois moins financée que le reste du monde. Pour un dollar de financement en Afrique, on en compte 4 dans le reste du monde. On est hélas dans la norme, même du coté des start-up » explique cependant Jean-Michel Huet, associé en charge du développement international et de l’Afrique chez BearingPoint. En effet à l’identique de l’économie globale africaine, les startups n’échappent pas à la règle et sont plus faiblement financées que leurs cousines des autres continents.
Une étude de la GSMA (association mondiale d’opérateurs mobiles) déjà en 2016 confirmait le fort développement d’un environnement de start-up et d’entrepreneurs locaux. Les pays en pointe en la matière sont les suivants : le Rwanda, le Kenya, Le Nigeria et l’Afrique du Sud. « Le pays de référence est le Rwanda. Ils ont une forte stratégie digitale et sont très portés sur le domaine de la smartcity, lié à leur forte démographie condensée sur un territoire de petite superficie. C’est toutefois dans les pays anglo-saxons que les avancées sont les plus notables.

Je pense qu’historiquement, la culture de l’entrepreneuriat y est plus forte que dans les pays francophones, ce sont aussi les pays les plus riches, les plus grosses économies du continent. La culture des systèmes financiers y est aussi plus sûre » précise Jean Michel Huet. On constate donc une avancée de l’environnement anglo-saxon alors même que constat est fait que le financement de start-ups francophones est plus récent. Comme la volonté de développer des incubateurs au Maroc, un environnement de plus en plus favorable à l’éclosion de start-up ces dernières années.
L’Agence Française de Développement finance des fonds privés et des startup alors que les fondations et les bailleurs de fonds demeurent les principaux contributeurs, à hauteur de 400 millions d’euros d’investissement ( en 2016), de la part de business-angels en Afrique. Parmi les domaines à fort potentiel, Jean-Michel Huet note « la fintech et les projets tournés vers les énergies renouvelables, ainsi que l’agriculture, premier secteur d’emploi du continent. Le domaine éducatif (edtech) commence à démarrer, et la cyvtech, qui permet d’améliorer les débats démocratiques, se développe doucement ».
L’Afrique est-elle pour autant une nouvelle terre d’élection des licornes ? « Licorne ne rime pas forcément avec succès » déclare Jean-Michel Huet. « Jumia aurait sûrement le potentiel pour, mais certaines licornes sont dans le monde appelées à disparaître ; l’objectif premier reste de devenir une entreprise ». Certaines sociétés se démarquent pourtant du lot, comme InTouch SA, l’agrégateur panafricain de paiements mobiles et de services numériques.

Ou encore VMK, qui a lancé en 2012 les premiers smartphones et tablettes africains. « On trouve des modèles économiques innovants qui arrivent à s’adapter au contexte local, avec une grande dimension sociale intégrée ». Car en effet le faible pouvoir d’achat des populations locales oblige les entreprises naissantes à se concentrer sur des logiques de volume
Il faudra également compter sur l’arrivée massive de startups créées par la diaspora africaine, qui investit dans l’entrepreneuriat autour de l’Afrique. Les portails écotouristiques et le tourisme communautaire sont des secteurs à potentiels ; ce qui n’a pas échappé à la diaspora. Ces tendances globales devraient dessiner les domaines de développement dans les années qui viennent.